Les Brutaux Interrogatoires des Dignitaires du Troisième Reich | Nuremberg 1946
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Lors des procès de Nuremberg en 1946, Ernst Kaltenbrunner, chef du Bureau central de la sécurité du Reich depuis 1943, a comparu devant le Tribunal militaire international. Lors de son interrogatoire, il a expliqué son accession au poste sous les directives de Himmler, limitant son autorité au domaine du renseignement et niant toute connaissance préalable des ordres exécutifs signés en son nom, ainsi que toute visite d'installations telles que Mauthausen ou toute participation directe aux mesures d'extermination. Kaltenbrunner a affirmé avoir protesté auprès de Hitler et Himmler contre certaines politiques et avoir émis des directives pour la reddition des camps sans violence.
Hermann Göring, maréchal du Reich et commandant de la Luftwaffe, a reconnu avoir organisé la Gestapo et les premiers camps de concentration après 1933, justifiant cela par la nécessité de stabiliser l'ordre intérieur face aux menaces politiques. Il a détaillé son intervention dans la purge de 1934, le réarmement allemand et les mesures économiques consécutives à la Nuit de Cristal (Kristallnacht), tout en niant avoir eu connaissance de l'extermination systématique et en décrivant des efforts tardifs pour éviter la destruction totale en 1945. Wilhelm Keitel, chef du Haut Commandement de la Wehrmacht, a exposé la structure hiérarchique de l'OKW et a admis avoir transmis des directives telles que celles relatives à la juridiction dans l'opération Barbarossa, aux représailles et au décret Nuit et Brouillard (Nacht und Nebel), en invoquant l'obéissance militaire.
Hans Frank, gouverneur général de la Pologne occupée, et Albert Speer, ministre de l'Armement, ont témoigné de leurs responsabilités administratives et économiques. Frank a reconnu des tensions avec la police et des mesures dans les ghettos et le travail forcé, tandis que Speer a admis l'utilisation de main-d'œuvre dans la production de guerre et une opposition finale aux ordres de destruction. Le procès a documenté leurs explications face aux preuves présentées.