LE CANCER DES OS DES ENFANTS ATTEND UNE RUPTURE DEPUIS 40 ANS
David Opere
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LE CANCER DES OS DES ENFANTS ATTEND UNE RUPTURE DEPUIS 40 ANS
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David Opere
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Partout dans le monde, on soigne le cancer des os des enfants avec la même chimiothérapie que celle d’il y a quarante ans.
L’ostéosarcome est le cancer des os le plus fréquent chez l’enfant et l’adolescent. En France, on compte 100 à 150 nouveaux cas chaque année, et 70% touchent des jeunes de 10 à 25 ans, souvent en pleine poussée de croissance.
À l’échelle mondiale, la survie est passée de 20% à environ 70% dans les années 1980, quand la chimiothérapie multi-agents est devenue le standard. Depuis, elle stagne. Les médicaments employés aujourd’hui sont pratiquement ceux d’il y a quarante ans, et ils continuent de circuler dans l’organisme entier d’un enfant qui grandit.
Ronan Le Bot a fondé Atlanthera en 2009 à Saint-Herblain pour attaquer ce problème par un autre bout. Sa société développe une molécule qui accroche l’anticancéreux à un vecteur osseux et l’amène directement sur la tumeur. La technologie est licenciée auprès de l’INSERM, du CNRS, du CHU de Nantes et de l’Université de Nantes.
L’idée tient en une phrase simple à dire et difficile à réussir. Viser uniquement la tumeur, et épargner le reste du corps de l’enfant.
Ronan Le Bot vise aussi, à terme, les métastases osseuses des cancers du sein et de la prostate, parmi les cancers les plus fréquents au monde. Il cherche aujourd’hui 6 millions d’euros pour faire avancer ce programme vers les patients.
Je le reçois dans David Opère pour comprendre comment on guide un médicament jusqu’à l’os, et pourquoi un cancer d’enfant attend encore une vraie rupture thérapeutique partout sur la planète.