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115-  محاكمة زطشي: تقرير غير رسمي للمفتشية العامة للمالية وراء كل شيء؟

ELQABILA

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115-  محاكمة زطشي: تقرير غير رسمي للمفتشية العامة للمالية وراء كل شيء؟

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Procès de la FAF : quand la plainte repose sur un rapport de l’IGF non signé et non officiel C’est une affaire qui secoue le football algérien depuis près de deux ans. Depuis le 13 octobre 2026, le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, examine au fond le dossier des anciens dirigeants de la Fédération algérienne de football (FAF). Trois anciens présidents: Kheireddine Zetchi, Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef ainsi que seize autres prévenus, dont deux ex-secrétaires généraux et l’ancien directeur de l’administration générale, comparaissent pour des chefs d’accusation graves : passation de marchés en violation des procédures, octroi d’avantages injustifiés, détournement de fonds publics et abus de fonction. Mais derrière la gravité des faits reprochés, un élément procédural pourrait bien faire vaciller l’ensemble de l’édifice accusatoire. Dès l’ouverture des débats, les avocats de la défense ont porté un coup sévère à la crédibilité du dossier : le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), pièce maîtresse de l’accusation, serait non signé et dépourvu de toute valeur officielle. Un rapport sans signatures ni auteurs identifiés Me Kamal Allak, conseil de Djahid Zefizef, a été le premier à soulever la faille. Selon lui, le rapport de l’IGF ne porte aucun nom d’expert agréé auprès des cours de justice, et l’ordonnance de renvoi ne mentionne ni les auteurs de l’expertise ni leur qualité. Un autre avocat de la défense a explicitement demandé le rejet de cette expertise, arguant qu’elle « ne serait pas conforme et ne portant pas les noms des enquêteurs ». L’argument est loin d’être anodin. Dans une procédure pénale, un rapport d’inspection qui sert de fondement à une plainte et à une instruction judiciaire doit répondre à des exigences formelles strictes : identification des enquêteurs, signatures, agrément des experts. En l’absence de ces éléments, la défense estime que le document n’a aucune valeur probante et ne peut légitimement servir de base à une accusation. Une plainte déclenchée dès l’arrivée de Walid Sadi Pour comprendre l’origine de cette affaire, il faut remonter à septembre 2023. Dès son élection à la tête de la FAF, Walid Sadi a enclenché une enquête de l’IGF. Cette démarche a abouti à un dépôt de plainte auprès du procureur de la République au pôle économique d’Alger, impliquant les trois anciens présidents et plusieurs cadres de la fédération. C’est donc sur la base de ce rapport ( aujourd’hui contesté pour son absence de signatures et d’identification de ses auteurs) que la machine judiciaire s’est mise en marche. Kheireddine Zetchi a été le premier incarcéré, placé en détention provisoire à la prison de Koléa en novembre 2024. Il cumule aujourd’hui plus de dix-neuf mois de détention provisoire. Un procès hors norme, après six reports L’audience du 13 octobre 2026 était attendue depuis près de deux ans. Le procès avait déjà été reporté à six reprises, pour des motifs divers : demandes de la défense d’examiner le volumineux dossier, absences de parties, coïncidence avec le Mawlid, ou encore indisponibilité d’un avocat en deuil. Un dossier fragile sur le fond Au-delà des vices de procédure, le fond du dossier semble également s’effriter. Le fameux contrat Adidas, présenté comme l’élément central de l’affaire, a été écarté après une contre-expertise demandée par le ministère des Sports, qui a conclu à sa légalité. Une justice à deux vitesses ? L’affaire révèle une situation pour le moins paradoxale. D’un côté, des hommes sont détenus depuis des mois, parfois près de deux ans, sur la base d’un rapport dont la validité formelle est aujourd’hui ouvertement contestée. De l’autre, la partie civile (le ministère des Sports) voit sa légitimité remise en cause par la défense, qui souligne que la FAF est une association et non une émanation de l’État. Le procès doit se poursuivre avec l’examen des différents volets de l’affaire. Mais une question demeure : comment une plainte fondée sur un document non signé, sans identification de ses auteurs, a-t-elle pu aboutir à l’incarcération de plusieurs responsables et mobiliser pendant deux ans l’appareil judiciaire algérien ? La réponse appartient désormais aux juges. Mais elle pourrait bien déterminer non seulement le sort des accusés, mais aussi la confiance que les Algériens accordent à leur institution judiciaire.