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L'abîme de Bramabiau - Saint-Sauveur-Camprieu

Alain Leclerc

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L'abîme de Bramabiau - Saint-Sauveur-Camprieu

179 просмотров · 11 дн. назад
Alain Leclerc
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Visite effectuée lors de la randonnée "le sentier des morts et l'abîme de Bramabiau: à la recherche du Bonheur" présente sur la chaîne. L'abîme de Bramabiau est une cavité d'où surgit une rivière souterraine par une diaclase de 70 m de hauteur. C'est un site naturel classé, situé dans les Cévennes Gardoises, sur la commune de Saint-Sauveur-Camprieu. L'abîme de Bramabiau se situe entre le mont Aigoual et les gorges du Tarn. Bramabiau provient de l'occitan languedocien "bramabuòu" qui signifie le « bœuf qui brame », ce qui est justifié par le fracas d'une chute de 10 m de hauteur en fortes eaux. Le ruisseau du Bonheur prend sa source près du col de la Serreyrède. Il coule au fond d'une petite vallée longue de quelques 5 kilomètres avant de s'enfoncer dans le plateau calcaire de Camprieu en de multiples pertes. Le ruisseau se scinde alors en plusieurs rivières souterraines qui creusent un véritable labyrinthe de plusieurs kilomètres avant de resurgir à l'air libre en prenant le nom de Bramabiau. Longtemps les habitants de la région pensaient que le Bramabiau et le Bonheur étaient 2 rivières différentes. Il faudra la découverte par Edouard Alfred Martel pour prouver que les 2 rivières ne font qu'une. Édouard-Alfred Martel découvrit l'abîme de Bramabiau en septembre 1884, année où il explora la grotte de Dargilan, l'aven Armand et le gouffre de Padirac. La description qu'il fit des galeries souterraines, « un caprice de la nature tel qu'on n'en connait pas de semblable », rendit rapidement Bramabiau célèbre. Martel en réussit la traversée le 28 juin 1888: 1 300 m de traversée avaient été franchis. Le procès-verbal rédigé à la mairie de Camprieu à l'occasion de cette traversée fait figure d'acte de naissance de la spéléologie. Dans ce réseau long de plusieurs kilomètres, ont été découvertes, relevant de la Préhistoire récente, des empreintes de pieds nus humains dans l'argile et une nécropole (une trentaine de sujets), et, par la suite, des dizaines de contre-empreintes de pattes de dinosauriens (sur les strates des voûtes) datant d'environ 200 millions d'années. À la fin des travaux de plusieurs spéléologues, le développement du réseau de Bramabiau a été porté à presque 11 km. Les premiers aménagements pour accueillir les visiteurs sont réalisés en 1925. L'abîme de Bramabiau est ouvert au public pour une visite guidée payante sur un circuit aménagé de 1 km, d'avril jusqu'au dernier jour des vacances de la Toussaint. Si vous voulez en savoir plus sur cet endroit insolite, je vous conseille la lecture du roman "l'auberge de l'abîme" écrit par André Chamson, célèbre écrivain académicien cévenol et résistant. L’histoire se déroule dans ce lieu propice à l’éclosion des légendes, l’abîme de Bramabiau avec sa rivière souterraine, au si joli nom, « Le Bonheur ». Le récit est pourtant dramatique. En 1815, sous le 1er Empire, dans une France ravagée par les lendemains de Waterloo, un soldat de l’armée de Napoléon traverse les Cévennes pour rejoindre son pays natal. Il passe la nuit dans une auberge isolée, près de l’abîme de Bramabiau. Les guerres ont saigné à blanc les campagnes. Il est très mal reçu par la population rendue hostile par le passage d’autres soldats et par la circonscription qui a décimé la jeune génération. C’est le début de la Terreur blanche. Peur, incompréhension ou fatalité : le jeune officier commet un acte qui l’oblige à se réfugier dans l’abîme où il est soigné par un médecin et sa fille qui s’attache bientôt au jeune homme… Bonne lecture