CYBERATTAQUE en Biologie médicale, La nuit où l'hôpital s'est éteint.
Le Point de Bascule
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CYBERATTAQUE en Biologie médicale, La nuit où l'hôpital s'est éteint.
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Le Point de Bascule
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Le 3 décembre 2022, à 21 heures, les écrans s'éteignent les uns après les autres à l'hôpital André Mignot de Versailles.
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Un ransomware vient de chiffrer l'intégralité du système d'information. En quelques heures, trois mille postes informatiques sont mis hors ligne. Le réseau est coupé par mesure de sécurité. Le plan blanc est déclenché. Des patients sont transférés vers d'autres hôpitaux.
Ce soir-là, Benjamin Manéglier ( / benjamin-man%c3%a9glier-053414260 ) prépare des coquilles Saint-Jacques (https://www.cuisineaz.com/diaporamas/...) avec sa famille. Il est chef de service de biologie médicale et chef de pôle transversal du CH de Versailles. 5 disciplines sous sa responsabilité : biologie, anatomopathologie, imagerie, médecine nucléaire, unité médico-judiciaire. Cinq disciplines qui produisent toutes les données qui permettent à un médecin de poser un diagnostic. I
il reçoit un appel. Puis un deuxième. Il sort promener son chien. Et quand il arrive à l'hôpital vers 22 heures, sa fille lui revient en mémoire.
Elle disait toujours que l'hôpital, c'était le bâtiment avec tous les écrans allumés. Cette nuit-là, le bâtiment est dans la pénombre.
Ce qu'il découvre dans son service : des imprimantes Zebra qui crachent un message de revendication en anglais, des automates qui ont brûlé 150 pages de papier en imprimant le même message, et un biologiste de garde qui lui demande « Benjamin, qu'est-ce qu'on fait ? ».
Plus de SIL, plus d'automates communicants, plus de réseau, plus de téléphone. Le seul moyen de communiquer avec l'extérieur dans les premières heures, c'est un vieux fax analogique qu'il s'énervait depuis cinq ans à vouloir remplacer.
Les bonnes histoires ne valent que partagées. Si celle-ci vous a marqué, transmettez-la.
Cet épisode du Point de Bascule n'est pas un épisode sur la cybersécurité.
C'est un épisode sur ce que révèle une crise. Sur la phrase prononcée par le directeur général en cellule de crise, et qui change tout : « si la bio tombe, c'est l'hôpital qu'on ferme ». Sur les six mois qu'il a fallu pour récupérer un SIL à minima. Sur les années qui ont suivi, parce qu'aujourd'hui en 2026, on rebranche encore des automates. Et sur ce que Benjamin a fini par comprendre.
Qu'un chef de service, c'est un chef d'orchestre. Mais que cette nuit-là, il est aussi devenu l'éponge à émotion de tout le monde. Que personne, pendant ces semaines, ne lui a demandé comment il allait.
Et qu'il est passé tout près du burn-out sans même s'en rendre compte.
C'est un témoignage rare. Parce que ces nuits là sont rarement racontées du point de vue de ceux qui les ont tenues debout.
Le Point de Bascule · épisode avec Benjamin Manéglier Pharmacologue, chef de service de biologie médicale, CH de Versailles
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