Qui décide du succès d’un artiste ? Argent, galeries et reconnaissance | Johan Creten
TheBoldWay - Adrien Garcia
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Qui décide du succès d’un artiste ? Argent, galeries et reconnaissance | Johan Creten
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Aujourd'hui je reçois Johan Creten, sculpteur, à 9 heures du matin chez Perrotin dans le Marais, deux jours avant le vernissage de « Les Chiens de Pavlov » — sa dixième exposition avec la galerie. Une tonne d'ordinateurs, des bronzes, des céramiques à l'or fin, et un enregistrement en pleine installation.
On visite l'expo avec lui : tout part du décès de son père il y a trois ans et du hangar d'ordinateurs qu'il laisse – un dessin de 1988 où une flèche de souris transforme un crâne – une cervelle qui cuit dans une poêle, métaphore de nos cerveaux frits par les écrans – le Miami Eagle (2002-2006) qui est en réalité un condor – la série Danaë, alias Russian Revenge, alias Golden Shower : le titre change tout.
On revient sur ses racines : Hoegaarden, dans le Brabant flamand – l'enfant en chemise de couleur qui se fait tabasser à l'école et se protège en dessinant – la braderie à 11 ans où il vend ses dessins et rachète la plus grosse boîte de peinture à l'huile du magasin – le musée-prison avec sa bibliothèque d'art où il attend le bus.
On raconte la trajectoire : l'école de professorat aux principes du Bauhaus, les Beaux-Arts de Gand avec Wim Delvoye, les 12 week-ends de cours qui financent Paris – l'école de Mâcon annulée par un changement de ministre – la femme d'un couloir de ministère qui le trouve en larmes et lui obtient, le lendemain, un logement à la Cité internationale des arts – Sète, la Villa Arson et Christian Bernard – New York, Pierre Apraxine, Ruth Kohler et le Wisconsin – Robert Miller, le marchand de Mapplethorpe, Alice Neel et Louise Bourgeois, qui achète 10 œuvres en cinq minutes et lui offre un atelier à Miami – le 11-Septembre, trois ans en Floride, le Bass Museum – Rome, Jean-Michel Othoniel et la Villa Médicis décrochée en une matinée.
On décortique la mécanique du métier : pourquoi la céramique était « pour les bonnes femmes » dans l'art contemporain des années 80 – trente ans à essuyer les plâtres et à exposer dans des lieux historiques faute de musées – l'œuvre entrée au Centre Pompidou 30 ans après y avoir été montrée – ce que le marché demande (du reconnaissable) contre ce qu'il fait – les 2 000 collectionneurs, Peter Marino – Istanbul et le risque – Rubens, Le Bernin et Rodin comme premiers artistes-entrepreneurs.
Et on entre dans les sujets de fond : la grenouille et le scorpion, Cassandre – le petit marais où l'on est un grand poisson contre le grand océan – le conseil au jeune artiste à qui l'on propose une galerie qui vend mais qui enferme – les livres comme seule chose qui reste – ce qu'il espère laisser : des œuvres avec assez de force pour que quelqu'un les sauve de la décharge. Et sa boussole : ne pas lâcher, rêver ses projets, et se battre pour la liberté de ceux qui pensent hors des règles.
Bonne écoute.
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📍 TIMELINE 00:00 — Intro 01:36 — Arrivée chez Perrotin, 9h du matin 04:19 — Genèse : le décès du père et le hangar d'ordinateurs 06:44 — Le dessin de 1988 et la flèche de souris 11:34 — La Fortune, un monument au père 12:50 — La cervelle qui cuit : nos cerveaux frits 14:26 — La sculpture de l'Opéra vendue chez Sotheby's 20:48 — Pourquoi « Les Chiens de Pavlov » 24:14 — Miami Eagle : un condor, pas un aigle 27:15 — Les tabourets des sept vertus 28:40 — La céramique, un tabou « pour les bonnes femmes » 29:22 — Gand, Wim Delvoye, Sète, la Villa Arson 32:10 — L'art est une question de liberté : Odore di Femina, Danaë 34:56 — La terre, le feu, l'or 41:27 — Le gamin de Hoegaarden qui se fait tabasser 45:07 — La braderie : premières ventes à 11 ans 47:05 — Prof de dessin, l'école Bauhaus 49:52 — 12 week-ends de cours pour payer Paris 54:16 — Mâcon annulé, Paris par miracle 56:03 — Pleurer dans un couloir de ministère : la Cité des Arts 58:52 — Pourquoi la terre 1:01:39 — New York, Pierre Apraxine 1:03:42 — Ruth Kohler, le Wisconsin, trois containers 1:05:20 — Pompidou : entré dans les collections 30 ans après 1:08:07 — Robert Miller : « tu fais une révolution » 1:10:42 — Miami, un atelier à 80 000 $, le 11-Septembre 1:12:27 — Rome, Othoniel, la Villa Médicis en une matinée 1:15:07 — Rubens, Le Bernin, Rodin : artistes-entrepreneurs 1:17:32 — Ce qu'il veut laisser 1:21:31 — Sa fierté : les livres 1:26:14 — La grenouille, le scorpion et Cassandre 1:30:48 — La critique, les collectionneurs, Peter Marino 1:34:53 — Istanbul et la prise de risque 1:36:12 — Petit marais ou grand océan 1:40:09 — Rêver ses projets 1:41:55 — Instagram, les machines et la liberté 1:43:38 — Venez voir l'expo, jusqu'au 10 octobre
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