Marathon Bardot, chapitre 60 : Brigitte Bardot, c’est… une grande actrice sur photo
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Marathon Bardot, chapitre 60 : Brigitte Bardot, c’est… une grande actrice sur photo.
Je suis ravie de faire ce chapitre, car je vais pouvoir partager une idée que j'ai eue, et qui figure dans le titre : Brigitte Bardot était une grande actrice sur photo. Ce titre peut sonner bizarre, puisqu'il n'a jamais été dit ni écrit que Brigitte était une grande actrice. Au contraire, il est bien connu qu'elle était une actrice limitée : moi-même, qui suis cinéphile, il m’est assez pénible de regarder les films avec Brigitte, car malgré sa grâce, son aisance et sa beauté, elle avait exactement les mêmes points faibles que Marilyn en tant qu'actrice. Toutes les deux axaient leur jeu à 99 % sur la séduction, la minauderie, leur érotisme et une personnalité de femme-enfant.
Brigitte jouait aussi beaucoup sur la bouderie, certainement parce que sa célèbre moue l’y prédisposait.
Tout cela limitait malheureusement l'éventail de leur jeu, et leurs personnages se ressemblaient plus ou moins à cause de leur interprétation. C’est dommage, car on sent vraiment chez Brigitte et Marilyn un appétit pour le fait de se costumer, on sent que ça les amusait beaucoup.
En outre, pour sa carrière d’actrice, Brigitte a certainement été pénalisée par sa célèbre voix traînante et chantante, ça l’a enfermée dans les rôles de femmes-enfants.
D'ailleurs, elles étaient clairement conscientes de leurs limites, puisque Brigitte avait une poussée d'herpès en début de chaque tournage, ce qui est un symptôme de stress, et Marilyn était tellement angoissée de mal faire qu'elle arrivait parfois avec des heures de retard sur le tournage et n'arrivait pas à dire son texte sans buter sur un mot malgré de nombreuses prises. De plus, elle avait un coach personnel sur chaque tournage pour la conseiller sur son jeu afin de faire au mieux, Natacha Lytess d’abord, puis Paula Strasberg, ce qui irritait tous les réalisateurs avec lesquels elle tournait, puisque Marilyn prenait moins leur avis en compte que celui de sa coach.
Je pense que ni Marilyn ni Brigitte n'avait réellement une vocation d’actrice : Brigitte s’est retrouvée actrice par la volonté de son jeune mari Roger Vadim, et, pour Marilyn, devenir actrice était la voie royale pour accomplir son grand rêve, être célèbre, être aimée du public, donc elle a tout fait pour ne pas rester indéfiniment mannequin. C’est passé par une acceptation de flirter avec les hommes de pouvoir, elle l’ex-petite fille abusée, ce qui serre le cœur.
Quelque chose me surprend dans leur deux trajectoires en tant qu'actrices : on dit souvent que des blessures d'enfance, profondes et durables, alimentent le talent de bien des artistes, je peux prendre pour exemple la chanteuse Barbara, qui a subi l’inceste, ou Marlon Brando, qui a eu une enfance extrêmement anxiogène, et qui est devenu le plus grand acteur de sa génération, et même au-delà. Or, Marilyn aussi a eu une enfance et une adolescence profondément anxiogènes, et a subi des abus sexuels commis par un client de la pension que tenait sa mère, et il y a quelque chose de douloureux aussi du côté de Brigitte, j'y reviendrai dans mon ultime chapitre. Mais, malheureusement, leur très grande sensibilité et leur douleur intime n'ont pas suffi à nourrir leur talent d’actrice.
Je précise quand même que la filmographie de Marilyn, bien que courte, puisqu'elle n’a eu des premiers rôles que pendant neuf ans, de 52 à 61, est bien plus brillante que celle de Brigitte. Primo, elle a joué dans un chef-d'œuvre, Certains l'aiment chaud, qui est considéré comme la meilleure comédie de l'histoire du cinéma. Et Sept ans de réflexion fait partie également des meilleures comédies de l'âge d'or d'Hollywood.
Secundo, elle a eu la chance de tourner avec certains des plus grands réalisateurs de l'époque : deux fois avec Billy Wilder, pour les films que je viens de citer, deux fois avec John Huston, une fois avec Laurence Olivier (pour un film mineur, mais Laurence Olivier était un immense acteur en plus d'être un grand réalisateur, et Marilyn était d'ailleurs très fière de jouer avec lui), Otto Preminger, deux fois avec Howard Hawks, Fritz Lang qui a croisé le chemin de Brigitte 11 ans plus tard pour le tournage du Mépris, Henri Hathaway, Joseph Mankiewicz, pour un tout petit rôle dans le grand film qu’est Eve, John Sturges, qui fera par la suite deux très grands westerns, Règlement de compte à OK Corral et Le Dernier Train de Gun Hill.
Les photos et les musiques de cette vidéo ne sont pas utilisées à des fins commerciales. #Brigittebardot #BB #beauté #beauty #fifties #sixties #années50 #années60 #cinéma
Musiques : « Stick with me, baby », par The Everly Brothers. « Dillon place », « Jessica Jeans », « Succulent », « Of course, I’m yours », « Joshua tree », « What do you want for Christmas ? », « Ding dong, it’s love », « When we smoke together », « It’s hard to find love in L.A. » et « The Walk of Shame ». « Back of your neck », par Howler.