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S4_3 Au tour du traducteur : 4 pistes de réflexion sur la formation des traducteurs à l'ère de l'IA

Tradinter Formation/Training/Formazione/Entrenamiento

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S4_3 Au tour du traducteur : 4 pistes de réflexion sur la formation des traducteurs à l'ère de l'IA

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Former les traducteurs à l’ère de l’intelligence artificielle : quatre pistes de réflexion Dans ce troisième épisode de la quatrième saison d’*Autour du traducteur*, animé par Sylvie Lemieux, Éric Poirier, professeur-chercheur à l’Université du Québec à Trois-Rivières, propose quatre pistes pour repenser la formation universitaire en traduction à l’ère de l’intelligence artificielle (IA) générative. Il rappelle d’abord que la formation des traducteurs et traductrices demeure indispensable. Les systèmes automatisés peuvent compromettre la qualité de la communication et ne remplacent pas le jugement humain. Il faut donc adapter les connaissances et les compétences enseignées plutôt que renoncer à former des professionnels. *La première piste consiste à élargir les fondements théoriques de la traduction.* Éric Poirier préconise une formation plus interdisciplinaire, intégrant notamment la linguistique, la psychologie, la philosophie, la logique, la gestion et les domaines de spécialisation. Les traducteurs doivent pouvoir comprendre des concepts qui dépassent leur champ d’expertise, acquérir rapidement des connaissances, exercer leur esprit critique et reconnaître leurs limites. Cette ouverture favoriserait la qualité des traductions et la résolution de problèmes complexes. *La deuxième piste porte sur les caractéristiques propres à l’intelligence humaine.* S’appuyant sur les travaux du neuroscientifique Olivier Houdé, Éric Poirier présente trois systèmes cognitifs : le système heuristique, rapide mais parfois peu fiable; le système algorithmique, plus lent et fondé sur le raisonnement; et le système d’inhibition, qui permet de suspendre une réaction automatique pour réfléchir davantage. Cette distinction est particulièrement utile en traduction et en révision. Une traduction littérale peut paraître acceptable tout en comportant des erreurs de sens. Les futurs professionnels doivent apprendre à résister aux automatismes, à analyser le contexte et à remettre en question les premières solutions, qu’elles viennent d’un humain ou d’une machine. *La troisième piste vise à dépasser le monolinguisme et à renforcer le multilinguisme.* Éric Poirier insiste sur la diversité linguistique dans les universités comme dans la société. Il recommande de favoriser l’apprentissage des langues et de la traduction, de mieux reconnaître les besoins linguistiques des employés des entreprises et de valoriser les langues minoritaires dans la production et la diffusion des connaissances scientifiques. Les échanges avec Sylvie Lemieux montrent aussi l’importance d’intégrer les réalités linguistiques aux réflexions sur l’équité, la diversité et l’inclusion. La traduction contribue ainsi à la participation sociale des communautés linguistiques, à la circulation des savoirs et à leur reconnaissance. *La quatrième piste concerne l’évolution des compétences professionnelles.* L’IA générative et la traduction automatique amènent les traducteurs à intervenir davantage sur des textes produits par des machines. Les compétences traditionnelles restent nécessaires, mais doivent être mobilisées autrement. En révision et en postédition, il faut savoir expliciter les règles linguistiques, justifier ses interventions, évaluer les traductions et distinguer les erreurs selon leur nature et leur gravité. Repérer les omissions, les ajouts et les déformations du sens devient essentiel. Les connaissances auparavant mobilisées de manière intuitive doivent désormais être formulées, et leur application, expliquée et justifiée. Éric Poirier souhaite aussi que les programmes présentent les notions fondamentales de l’IA, notamment le fonctionnement et les limites des grands modèles de langage, afin d’encourager un usage éclairé de ces outils. Il plaide pour un renforcement de la recherche universitaire sur les erreurs de traduction, les méthodes de révision, les dimensions humaines de la communication et les relations entre traducteurs et technologies. Les participants abordent également les connaissances spécialisées, les stages, l’entrepreneuriat, la diversité des parcours d’apprentissage et la place de la postédition dans la profession. En somme, l’avenir de la formation ne repose pas sur une opposition entre l’humain et la machine, mais sur une redéfinition de leurs rôles. Les universités doivent former des professionnels capables de comprendre les technologies, d’en évaluer les résultats avec discernement et de défendre la contribution irremplaçable de l’intelligence humaine à la communication multilingue. Cette version respecte la limite demandée de 4 800 caractères, tout en conservant l’essentiel du contenu et une progression logique entre les quatre pistes.