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Quitterons nous jamais notre système solaire

L'Univers Caché

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Quitterons nous jamais notre système solaire

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Voyager 1 se trouve à plus de vingt-cinq milliards de kilomètres de la Terre, et pourtant cette distance gigantesque reste minuscule à l’échelle interstellaire. Un signal met presque une journée à nous parvenir, mais la sonde n’a encore parcouru qu’une fraction infime du chemin qui sépare le Soleil des étoiles voisines. Cette comparaison révèle immédiatement le véritable problème : atteindre une autre étoile n’est pas simplement une question de construire un moteur plus puissant. Une mission interstellaire doit résoudre simultanément l’accélération, l’énergie, la chaleur, le blindage, la navigation, la communication, la durée de vie des machines et, pour un équipage humain, la survie d’une société entière. L’espace entre les étoiles semble presque vide, mais à grande vitesse ce vide devient dangereux. Le milieu interstellaire contient du gaz, des atomes, des particules chargées et des grains de poussière. À une fraction importante de la vitesse de la lumière, même une minuscule particule peut frapper un vaisseau avec une énergie considérable. La partie avant du véhicule devrait devenir à la fois bouclier, détecteur et structure sacrificielle, tandis que chaque kilogramme supplémentaire de protection augmenterait l’énergie nécessaire pour accélérer puis ralentir le vaisseau. La chaleur constitue une autre limite fondamentale. Dans le vide, il n’existe pas d’air pour emporter facilement l’énergie thermique. Un moteur extrêmement puissant doit donc être accompagné de radiateurs capables de rejeter une quantité énorme de chaleur sous forme de rayonnement infrarouge. Une propulsion spectaculaire peut devenir inutile si le véhicule ne parvient pas à évacuer l’énergie qu’il produit. Le voyage interstellaire est ainsi gouverné non seulement par la poussée, mais aussi par une comptabilité complète de masse, d’énergie et de thermique. Et même lorsqu’un vaisseau peut aller très vite, il reste un problème souvent oublié : l’arrivée. Passer près de Proxima du Centaure n’est pas la même chose que s’y arrêter. Une sonde accélérée à une fraction importante de la vitesse de la lumière pourrait traverser un système stellaire en quelques heures, mais pour entrer en orbite elle devrait perdre presque toute cette vitesse. Transporter le carburant nécessaire au freinage augmente la masse initiale, tandis que les solutions utilisant des voiles magnétiques ou photoniques restent encore difficiles à démontrer.