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Les alévis / partie 1/2 - Cérémonie Cem

Mehmet Yildiz

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Les alévis / partie 1/2 - Cérémonie Cem

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Mehmet Yildiz
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Les Alévis (partie 1/2) Les alévis se divisent en deux branches. L’une de ces branches est non-musulmane. La grande majorité de mes ancêtres se revendiquent de celle-ci, qui n’est pas une confession ni une branche de l’islam, ni sunnite, ni alawite, ni chaafite, ni même chiite. Ils croient en la réincarnation et désignent Dieu comme la sagesse et le nomme Vérité, non un démiurge punisseur nommé Allah. Jusqu’à une date récente ces Alévis étaient considérés comme des apostats, des mécréants par les sunnites comme par les chiites et n’ont jamais eu de statut juridique dans l’Empire ottoman (contrairement aux religions du Livre). Ces Alévis ne sont pas un groupe de musulmans qui ont une interprétation tolérante du Coran, ils ne lisent ni ne récitent le Coran, en tant qu’objet livre. L’instrument orphique, sacré, reste et demeure ce luth appelé Saz ou Bağlama qui permet la transmission orale, lyrique et dynamique de l’enseignement alévi et la critique par les patriarches et matriarches de l’islam rigoriste et intolérant. Ces Alévis ne pratiquent aucun des cinq pilliers de l’islam, ils considèrent que voiler les cheveux de leurs filles est un sacrilège, une absence de foi en la conduite responsable des êtres humains dans une société. Ces Alévis n’ont pas construits de lieux de cultes délibérément et donc pas de mosquées dans leurs communes, ils sont contre l’institutionnalisation de la religion et d’une religion d’Etat quel qu’elle soit, leurs cérémonies sont des banquets mixtes appelés assemblées de l'union, Cem. Ces Alévis croient en la Science, le rôle en particulier de la Lumière et du Soleil dans l’Univers, et non d’un Dieu créateur extérieur à notre monde et qui nous dicte notre conduite. Ces Alévis prônent la non-violence, aucun châtiment corporel inscrit dans le Coran n’a jamais été reconnu ni pratiqué par les Alévis, les prisons n’existent pas dans la culture alévie, l’expulsion du groupe est la peine maximale. Les délits qui conduisent à la déchéance de cette communauté Alévie sont le vol, l'usure, le meutre volontaire, le refus d'assumer ses actes, se détourner de la Voie des croyances alévies pour l'islam sunnite, le mensonge... Puis il y a la deuxième branche alévie, l’alévisme (Alevilik en turc, Elewî en zazaki, Elewî en kurmandji, al ‘alawīyyah en arabe) qui regroupe des membres de l'islam dits hétérodoxes et revendique en son sein la tradition universelle et originelle de l'islam et plus largement de toutes les religions monothéistes. L'alévisme se rattache au chiisme duodécimain à travers le sixième imam (Dja'far al-sadiq) et à Haci Bektaş Veli, fondateur de l'ordre des bektachi dont la généalogie mythique remonte aussi au sixième imam. Il se classe dans les traditions soufies et ses croyances sont assimilables au panenthéisme et d'autres un courant « libéral » ou « progressiste » de l'islam dont les dogmes diffèrent de ceux du sunnisme et du chiisme dit jafarisme. Haci Bektaş Veli, mystique philosophe de l'alévisme, est le fondateur éponyme de la confrérie des bektachis qui joua un rôle primordial dans l'islamisation de l’Anatolie et des Balkans. Les Alévis considèrent aussi comme sacrés les livres de l'ancien et du nouveau testaments, ainsi que les écrits apocryphes. Le lieu de culte, le cemevi, signifie maison ou lieu du rassemblement, où nous pouvons constater la prière mixte comme à l'époque du prophète Mahomet. Leurs cérémonies religieuses s'accompagnent d'un système de mouvements circulaires sacré (le semah) au rythme du baglama. Leurs chefs spirituels, aussi bien des hommes (Dede) que des femmes (Ana), sont vus comme descendants du prophète Mahomet, des dignitaires bektachis élus par la communauté ou de grandes figures de la cause alevi. Le Coran est considéré comme le dernier livre saint envoyé par Dieu. « Dört kitabın dördü de Hak » est une formule soulignant le fait que les quatre livres saints (Coran, Bible, Torah et Livre des Psaumes) ont le même degré d'importance. Pour les alévis bektachi, les textes relatifs au foulard des femmes n'ont aucun caractère universel et ces textes sont, selon les conditions de notre époque, caducs ou non valides. De plus, la révélation de Dieu ne se limite pas aux textes sacrés. La science et le savoir sont les paroles divines inépuisables et se conformer au savoir c'est bénéficier de la révélation inépuisable de Dieu. Aussi, le premier devoir du véritable croyant est de « lire » pour augmenter ses connaissances et comprendre l'Univers. Par ailleurs, Dieu est en tout dans l'Univers, y compris en l'Homme. Aussi, l'initié doit aimer chaque création d'Allah et ne pas discriminer les êtres humains. L'amour du genre humain est l'essence de l'alévisme bektachisme qui croit en la manifestation du Créateur en l'Homme et donc en l'immortalité de l'Humanité. Contrairement à l'islam sunnite, qui reste fidèle à la langue du Coran dans tous les domaines de la vie religieuse, les alévis et les bektachi utilisent leur langue vernaculaire dans la liturgie.