Sur le TOIT du MONDE à vélo (Tadjikistan | Ep.6)
Guigui_ontheroad
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Sur le TOIT du MONDE à vélo (Tadjikistan | Ep.6)
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Après avoir traversé les immenses déserts du Kazakhstan et de l'Ouzbékistan, je retrouve enfin la montagne en arrivant au Tadjikistan.
Le décor change complètement. Les longues routes plates laissent place aux cols à plus de 4 600 mètres d'altitude, aux vallées isolées et aux paysages grandioses d'Asie centrale. Cette fois, je m'attaque à la mythique Pamir Highway, une route emblématique pour les voyageurs à vélo, où le manque d'oxygène, le vent, la météo et l'état des pistes vont mettre mes jambes et mon mental à rude épreuve.
Je commence cette étape en direction de Douchanbé, la capitale du Tadjikistan, afin d'obtenir le permis nécessaire pour accéder à la région du Pamir. Je poursuis ensuite ma route vers Nourek, où le lac m'impressionne particulièrement. Je profite de cette étape pour dormir au bord de l'eau et même me baigner dans le lac.
J'arrive ensuite dans la région de Khirmanjo, où commence une longue traversée le long de la vallée du Panj. Pendant plusieurs jours, je longe la frontière avec l'Afghanistan, de l'autre côté de la rivière. Les paysages deviennent de plus en plus impressionnants et isolés, avec les montagnes qui m'accompagnent tout au long de la route.
Cette portion me mène progressivement jusqu'à Khorog, qui marque la fin de ma traversée le long de la vallée du Panj. À partir de là, je quitte progressivement la vallée pour prendre de l'altitude et m'enfoncer dans les hautes montagnes.
Les conditions deviennent alors beaucoup plus difficiles. Les routes goudronnées laissent place aux pistes, au gravel et à des portions particulièrement chaotiques, couvertes de poussière et de petites bosses provoquées par le passage des véhicules. À cela s'ajoutent le vent de face, la fatigue et surtout le manque d'oxygène lié à l'altitude.
Je traverse notamment Alichur avant d'atteindre Murghab, la dernière grosse ville de cette partie du voyage. Murghab est également un point de bifurcation important, puisqu'une route permet de continuer en direction de la Chine, à seulement quelques kilomètres.
Mais je ne choisis pas le chemin le plus court. Je décide de poursuivre vers le Kirghizistan, avec l'envie de découvrir cette région avant de continuer ensuite mon voyage à travers le Kazakhstan.
Je continue alors sur la M41, plus connue sous le nom de Pamir Highway, à travers les paysages du Haut-Badakhchan. Je passe par plusieurs villages isolés comme Karasu, Chatyr-Tash, Muzkol, Rabat Sasök-Kul', Dzhilanda et Kuybulyon, avant de poursuivre vers les hauts plateaux.
L'un des moments les plus importants de cette traversée arrive lorsque j'atteins le col d'Ak-Baital et son altitude de 4 655 mètres. À cette hauteur, le manque d'oxygène se fait vraiment sentir et chaque coup de pédale devient plus difficile. Pourtant, malgré la fatigue et les conditions difficiles, je parviens à gravir cette montagne à vélo. C'est probablement l'un des moments dont je suis le plus fier depuis le début de mon voyage.
Je poursuis ensuite ma route vers le lac Karakul, entouré par les immenses montagnes de cette région, puis en direction du col de Kyzyl-Art et de la frontière avec le Kirghizistan.
Au cours de cette traversée, je vis également des moments beaucoup plus inattendus. Je passe notamment une nuit chez une vieille dame et ses petits-enfants, qui me racontent une histoire assez particulière sur une touriste allemande venue faire du vélo dans la région. Je dors également à proximité de la frontière afghane et suis réveillé en pleine nuit par des militaires.
Entre les montagnes, les routes désertes, les couchers de soleil et les jeux de lumière sur les sommets, cette partie du voyage me permet aussi de me retrouver complètement déconnecté. Je suis parfois seul, loin de mes proches et de toute civilisation, mais cette solitude me permet aussi de me reposer mentalement et de profiter pleinement de la nature qui m'entoure.
Après plusieurs jours dans ces paysages, je quitte finalement le Tadjikistan par Bordöbö, au niveau de la frontière avec le Kirghizistan, et traverse le No Man's Land entre les deux pays.
L'arrivée au Kirghizistan marque un véritable changement. Je rejoins la région d'Och et la vallée d'Alay, où je découvre de nouveaux paysages et une ambiance différente. Je croise notamment des yaks et même un aigle, une belle manière de terminer cette traversée.
Au total, cette étape représente environ 1 149 km à vélo en 20 jours, avec une altitude maximale de 4 655 mètres. Une traversée particulièrement exigeante, mais aussi l'une des plus belles de mon voyage entre Lille et Pékin.
Cette aventure au Tadjikistan restera sans aucun doute l'un des moments les plus marquants de mon voyage à vélo.
Bienvenue au Tadjikistan 🏔️
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