Dialogues avec - Chantal Dumas
Phonurgia Nova
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Dialogues avec - Chantal Dumas
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Phonurgia Nova
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Habitée par le son
Le son relèverait-il de l’art ? Existe-t-il un art du sonore, hors la musique ? Ce sont là quelques-unes des questions que soulève Chantal Dumas, artiste sonore et compositrice Canadienne, (qui nous a hélas trop tôt quittés), dans cet entretien filmé et enregistré en marge du Festival de l’écoute organisé en décembre 2019 à Bruxelles par l’ACSR.
Son travail a retenu l’attention de nombreuses radios étrangères— ABC (Australie), (Royaume-Uni), Deutschlandfunk Kultur (Allemagne), ORF Kunstradio (Autriche), Sveriges Radio P2 (Suède), Société Radio-Canada…. Il a été distingué par de nombreux prix internationaux. En 1997, elle reçoit le prix fiction au concours Phonurgia Nova (France) pour Le parfum des femmes. En 2001, Le petit homme dans l’oreille (un roadmovie sonore) remporte le Grand Prix documentaire des Phonurgia Nova Awards.
Chantal Dumas a elle-même présidé le jury des phonurgia nova awards à la BnF en 2017. À l’automne 2019, Avatar, à Québec, lui a consacré une importante publication bilingue retraçant son parcours créatif.
De la radio au web en passant par la performance ou l’installation, Chantal Dumas n'a cessé de sonder les formes possibles de la création acoustique.
Musique ? Non-musique ? « Pour moi, la question est inappropriée » répondait-elle. « Mon travail appartient au domaine du sonore, de l’écoute et de la perception. J’ai développé à cette fin une forme d’écriture sonore qui s’articule autour de quelques points : une attention au point de vue, une documentation sonore basée sur la prise de son (éléments du quotidien et paysage sonore) et la circulation de la narration entre les trames musicale, textuelle et sonore. »
Chantal Dumas est décédé en mai 2026 des suites d’une éprouvante maladie.
Le microphone fut son outil de travail privilégié. Adepte d’une forme de « psycho-géographie sonore", elle collectait les sons de son environnement qu’elle utilisait comme matière première de ses productions.
Dans cet entretien que nous exhumons de nos archives, elle dit aussi son attachement à la singularité des voix, sa prédilection pour des narrations où voix et sons s’entremêlent sans hiérarchie.