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La foi rend-elle malheureux ?

Esprit de liberté

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La foi rend-elle malheureux ?

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Esprit de liberté
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Prédication de James Woody au temple d'Auteuil (Paris) dimanche 6 septembre 2026 https://espritdeliberte.leswoody.net/... Chers frères et sœurs, la foi rend-elle malheureux ? Je pose la question parce que, cette année, le thème de l’Assemblée du Désert, à Mialet, est consacrée à Marie Durand qui passa la plus grande partie de sa vie enfermée dans la tour de Constance, à cause de sa religion. Il y a 250 ans, en juillet 1776, alors que les États-Unis déclaraient leur indépendance, mourait Marie Durand. Cette femme fut arrêtée à l’âge de 19 ans en raison de sa foi protestante, une foi qu’elle refusa d’abjurer. Elle fut emprisonnée 38 ans. C’est le prince de Beauveau, gouverneur du Languedoc, lors d’une inspection, qui fut révolté par le sort infligé à ces femmes incarcérées pour fait de religion. Il obtint leur libération et Marie Durand fut libérée en avril 1768. Elle mourra 8 ans plus tard, à l’âge de 65 ans. Entre temps, son frère Pierre Durand, fut pendu sur l’esplanade de Montpellier parce qu’il était pasteur. Nous sommes donc en droit de nous demander si la foi ne serait pas un facteur de malheur, d’autant que les exemples contemporains de situations où des croyants souffrent, sont emprisonnés voire sont assassinés en raison de leur foi, ne manquent pas. Et n’oublions pas, non plus, les malheurs causés au nom de la foi : les violences, les exactions, les crimes. La promesse du bonheur Le psaume 128 offre un contrepoint précieux à cette question, puisqu’il déclare « heureux l’homme qui craint l’Éternel », expression biblique pour parler de celui qui a foi en Dieu. Au verset suivant, le psalmiste confirme que celui-ci est heureux et qu’il y aura du tov pour lui, autrement dit : ce sera vivable comme au premier jour de la création, ce jour et les suivants dont Dieu dit qu’ils étaient tov : tout bonnement vivables. Ce parallèle avec le début de livre de la Genèse me semble déterminant pour comprendre cette explication du psaume 128 qui lie le bonheur à la foi en Dieu. En effet, aussitôt après la création il y a l’épisode du jardin d’Eden. Et que constate-t-on ? Nous constatons que les deux personnages n’écoutent pas ce que Dieu a dit, mais qu’ils écoutent le serpent. Il y a donc un problème de confiance, de foi : manifestement, l’homme et la femme ont plus confiance dans les paroles du serpent que dans les paroles de Dieu. Et que se passe-t-il ? Adam et Eve sortent du jardin d’Eden avec trois paroles de Dieu qui ne sont pas sans rapport avec le psaume 128. La première est qu’il y aura un conflit qui se perpétuera de génération en génération, avec la descendance de la femme. C’est à mettre en relation avec le verset 3b qui parle des fils qui sont comme des plants d’oliviers. La deuxième parole est que les désirs de la femme se porteront vers son mari et qu’il dominera sur elle. Cette parole est à mettre en lien avec le fait que la femme est comme une vigne féconde au sein de la maison (3a). Enfin, Dieu dit à l’homme que le sol sera maudit à cause de lui et que c’est avec peine qu’il en tirera sa nourriture car il produira des chardons et de la broussaille. C’est à mettre en lien avec le verset 2 qui annonce la jouissance du travail de ses mains, le bonheur et la prospérité. Ce qui était négatif dans le livre de la Genèse, devient positif dans le psaume 128. Et la différence tient à la relation que l’humain entretient avec Dieu. Soit il est dans une sorte de défiance à l’égard de Dieu et sa vie est douloureuse, soit il est dans un rapport de confiance, de foi avec Dieu, et sa vie est marquée par le bonheur. Vous me direz… mais Marie Durand, alors ? Et les moines de Tibhirine qui ont été assassinés ? C’étaient des mécréants, en fait ? Non. Et non seulement ils n’ont pas mérité ce qui leur est arrivé, mais cela n’invalide pas la promesse contenue dans le psaume, à savoir que faire confiance à la parole de Dieu provoque le bonheur. La souveraineté de Dieu La promesse de Dieu est à comprendre non comme une formule magique, mais comme une pédagogie, un cheminement. Déjà, ce n’est pas parce que la Bible dit que le croyant sera heureux qu’il suffit d’être inscrit sur un fichier paroissial pour que ça aille bien. Avoir confiance en Dieu, marcher dans ses voies, c’est-à-dire suivre la pédagogie de Dieu, c’est tenir compte de ses paroles, en faire quelque chose dans notre vie quotidienne. Prenons les paroles de Dieu dont il est question au moment de la sortie du jardin d’Eden. Au moment où l’homme et la femme quittent le jardin, Dieu ne s’arrange pas pour que l’accouchement fasse mal, pour que l’homme domine sur la femme, pour que les fils du serpent soie