Annette Herskovits: " Les Kabyles ont contribué à sauver des Juifs des rafles et de la déportation "
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Annette Herskovits, une rescapée de l'Holocauste, née en France en 1939 et vivant à Berkley (CA, USA) raconte comment des travailleurs et nationalistes kabyles immigrés à Paris se sont engagés dans des réseaux clandestins pour exfiltrer et protéger des personnes traquées par le régime de Vichy et les nazis.
À ce sujut le scientifique kabyle Dahmane At Ali qui a fait le déplacement avec nous pour voir Annette Herskovitsa chez elle en Californie a écrit en 2018 ceci :
L'HUMANISME KABYLE EST INCOMPATIBLE AVEC L'ISLAMISME
Pour illustrer ce constat épistémologique, je vous propose de méditer sur deux faits historiques quasiment simultanés:
Durant la seconde guerre, au sommum de la Shoah (1941- 1942), l'Holocauste juif que nie d'ailleurs la dogmatique islamique, le Grand Mufti de Jérusalem, représentant de l'Islam sunnite moyen-oriental à l'époque, Mohammed Amin al-Husseini, et au nom de la doctrine islamique a collaboré activement avec le régime nazi en soutenant ouvertement l'élimination totale (solution finale) des juifs durant cet Holocauste (voir photos ci-jointes).
A l'opposé, et au meme moment, à la mosquée de Paris, dans son écrasante majorité gérée et tenue par des musulmans kabyles, un tract fut rapidement rédigé en langue kabyle (voir fac-simile ci-joint) et circulait parmi les émigrés kabyles lors de la rafle des Juifs le 16 juillet 1942 à Paris. Dans ce tract, intitulé "Am Arrac nnaɣ" (tels nos enfants), l'humanisme kabyle avait adopté explicitement l'extreme contraire de la sainte doctrine islamique préchée par le Grand Mufti de Jérusalem. On appelait plutot à cacher les enfants juifs pour les épargner des fours crématoires préparés par Hitler à Auswitch. On y lisait ceci:
Tract d’origine :
“AM ARRAC NNAΓ
Iḍelli di lefjer ḥebsen udayen n Lpari.
Imɣaren am tilawin am arrac.
Di lɣerba am nukwni, d-ixeddamen am nukwni.
D-atmaten naɣ. Arrac nsen am arrac nnaɣ.
Ma yella win yufan yiwen weqcic nni,
ilaq ad as-yefk nsib, at-isebbaṛ, a t-yeffer ar ad tɛeddi lmeḥna.
Ay argaz n tmurt nnaɣ, ul-ik d amuqran. »
Traduction :
"Hier à l’aube, les Juifs de Paris ont été arrêtés. Les vieux, les femmes et les enfants. En exil comme nous, travailleurs comme nous. Ils sont nos frères. Leurs enfants sont comme nos propres enfants – am arach nagh. Celui qui rencontre un de ses enfants doit lui donner un abri et la protection des enfants aussi longtemps que le malheur – ou le chagrin – durera. Oh, l’homme de mon pays, votre cœur est généreux»
Ainsi donc, comme on le voit et on le constate sur des faits historiques irréfutables, l'humanisme kabyle est insoluble dans l'Islamisme (Islam dogmatique).
Comme le dit Stora : « Les 100.000 "Algériens" qui vivaient à Paris sous l'Occupation font partie d'une immigration ouvrière extrêmement pauvre, écrasée socialement », : « Ils ne sont ni des Algériens - puisque l'Algérie, c'était la France - ni des Français. Ils n'ont pas le statut de citoyens français. La majorité d'entre-eux étaient kabyles en effet. A la relégation juridique s'ajoute l'écrasement social.
Voici le témoignage Annette Herskovits, elle-même « enfant cachée », lors de la seconde guerre mondiale. : « La mosquée était le lieu de résistance composé de personnes issues de la région montagneuse de l’Algérie la Kabylie. Le réseau Kabyle communique dans leur langue, le berbère, le tamazight, ce qui rendait presque impossible l’infiltration. L’accès aux égouts de Paris était situé directement sous la mosquée, ce qui a fourni une voie pour s’échapper. (…).
Une femme a témoigné être sortie de Paris sur une péniche, un kabyle à tenant la barre a pris des fugitifs cachés dans sa cargaison pour le sud de la France, Ainsi de là, les fugitifs, pouvaient être introduits clandestinement en Algérie ou en Espagne.
Le 16 Juillet 1942, la police de Paris, a entrepris d’arrêter 28 000 juifs sur les ordres du gouvernement français collaborationniste de Vichy (du Maréchal Pétain). Plus de 4.000 enfants âgés de 2 à 16 ans ont été ainsi arrêtées et envoyées à Auswitch. Le deuxième jour, un tract a été distribué à travers les hôtels misérables où vivaient les travailleurs algériens immigrés. Le tract, en kabyle, a été lu à voix haute pour les hommes pour la plupart analphabètes « Am arrac nnaɣ » ( Comme nos enfants).
Synthèse : D@A