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Ne dites plus jamais de votre enfant qu'il est timide !

Jean-Marc Hardy

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Ne dites plus jamais de votre enfant qu'il est timide !

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Jean-Marc Hardy
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S’il fallait donner un seul conseil aux parents en ce qui concerne la timidité de leur enfant, pour moi, ce serait sans hésitation celui ci ! Il s’agit d’une attitude dans laquelle, nous parents, tombons très facilement. C’est une attitude très fréquente, très banalisée, mais qui peut être vraiment responsable d’installer la timidité chez notre enfant. Cette attitude, c’est tout simplement de dire de votre enfant qu’il est timide ! Nous allons voir 4 situations que je vous invite à éviter, pourquoi ces situations portent un préjudice à l’enfant, au niveau de sa confiance et de l’image de soi et quelles sont les meilleures attitudes à adopter ? 4 situations à éviter Les 4 situations que je vous invite à identifier et à ne plus accepter sont les suivantes : 1. Vous dites à votre enfant qu’il est timide 2. Vous dites à quelqu’un d’autre, en présence de votre enfant, qu’il est timide 3. Vous laissez dire quelqu’un d’autre de votre enfant qu’il est timide 4. Vous laissez dire votre enfant, de lui même, qu’il est timide Je vous propose d’explorer chacune de ces situations un peu plus dans le détail. La première situation, c’est vous, parents, qui faites entendre à votre enfant qu’il est timide. Quelle que soit la manière, peu importent les mots. Imaginez une mère qui s’adresse à ses deux fils : « Bon, les enfants j’ai besoin d’aide, il me faut un carton de lait et quelqu’un doit faire la vaisselle. Thomas, tu fais la vaisselle et Mathias, tu vas chercher le carton de lait à l’épicerie ! Tu sais bien que Thomas est beaucoup trop timide et c’est toujours un problème pour lui. » Dans cette scénette en apparence anodine, un des deux enfants est clairement étiqueté timide. Comme un fait avéré contre lequel on ne discute plus. Le fait de comparer les deux frères renforce encore l’idée que la timidité est perçue comme le propre de l’identité de l’un et pas de l’autre. Quelle image de soi le petit frère va-t-il pouvoir développer dans ce climat ? Ne pensez-vous pas comme moi qu’il serait plus constructif d’inviter Thomas à aller à l’épicerie à dépasser sa peur, et le féliciter à son retour. Deuxième situation à éviter, c’est de dire à une autre personne, en présence de votre enfant, qu’il est timide. Une vieille tante s’adresse à un jeune garçon : – « Bonjour Thomas, je suis la cousine de ta maman. En fait, je suis la petite fille du mari de la soeur de ta maman. Je t’ai connu quand tu étais tout petit, mais tu ne t’en souviens certainement pas. Comment vas-tu mon garçon ? Tu travailles bien à l’école ? » L’enfant reste une seconde dans un silence. – « Et bien, tu as avalé ta langue ? » La mère intervient : – « Tu sais, Thomas est un grand timide, il est fort impressionné par les gens. » Mettons-nous à la place de l’enfant. Il croise quelqu’un qui dit le connaître, mais que lui ne connaît pas vraiment. Quelqu’un de sa famille, mais qu’il a du mal à situer. Quelqu’un qui lui parle de but en blanc de l’école alors que l’école n’est pas forcément la passion de Thomas. L’enfant cherche une réponse adaptée, dans un répertoire comportemental en pleine construction. Les pensées trottent dans sa tête, il a un silence, peut-être une mimique expressive, et hop!, du tac au tac, on le traite de timide ! C’est rude, non ? Le problème, suite à cette interaction, c’est que l’enfant pourra penser qu’il n’est pas capable de fournir les réponses adaptées à ce qu’attendent les grandes personnes dans ce type de situation. La prochaine fois qu’il croisera un inconnu, son inconscient risque de revenir à la charge et sa petite voix intérieure pourrait l’alerter en disant : « Attention !, la dernière fois que tu as vécu cette situation, ton comportement n’était pas adapté, alors, cette fois-ci, tiens-toi bien ! » Qu’est-ce qui va se passer ? L’enfant a des chances d’être encore plus intimidé ! La première fois, il cherchait juste à trouver un comportement adapté, cette fois-ci, il commence déjà à penser de lui-même qu’il est inadapté. Il risque d’avoir une appréhension et se sentir d’autant plus paralysé. Une autre possibilité est que l’enfant développe ce qu’on appelle une suradaptation. C’est à dire qu’il fournisse une réponse d’enfant « docile », comme on dit en analyse transactionnelle. Du genre : « Oui ça va bien à l’école, j’ai reçu un 9/10 en français et un 8/10 en maths ». Et sa mère qui rajoute : « Oui, nous avons de la chance, Thomas est le premier de sa classe ». Vous trouverez ici la suite (avec la retranscription complète de la vidéo) : https://timidite.info/videos/ne-dites...