Hommes en bleu - MC Max
MC Max大力
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Hommes en bleu - MC Max
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MC Max大力
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MC MAX - Hommes en bleu, nouveau single.
Le pompier enfumé, l’agriculteur matraqué, l’exilé chassé, le lycéen gazé. Même bâton, même mépris : on chante tous le même refrain.
J’cautionne pas l’pavé qui vole. Je demande juste la même justice pour tout le monde.
🎙️ Texte & interprétation : MC MAX
🎹 Compo : JACK OF DIAMONDS
🎚️ Mix & mastering : NARSO RECORD
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PAROLES
J’cautionne pas l’pavé qui vole, ni la vitrine qu’on défonce,
Mais viser la tête d’un gosse qui manifeste, c’est pas une réponse.
Seize ans, un blocus, une banderole devant l’portail,
Un tir de LBD en pleine joue, maint’nant il bouffe à la paille.
Il manque un prof de maths, on envoie trois cars de gendarmes,
Pour l’école ils sortent des stats, pour l’ordre ils sortent les armes.
Des heures à genoux, mains sur la nuque, interdits d’se relever,
Un flic filme en s’marrant : « ça, c’est une classe bien élevée ».
Elle brandissait un carton, pas de cocktail, ni d’barre de fer,
Elle croyait au droit d’crier, elle a appris celui d’se taire.
Pour chaque môme qui tombe, y’en a dix qui prennent des notes,
Vous les gazez à l’âge du bac, ils répondront à l’âge du vote.
Le respect, ça s’mérite, ça s’impose pas sous sommations,
Ni à coups d’grenades, ni à coups d’désinformation.
J’te parle à toi sous l’casque, pas au ministre ni au préfet,
Eux, ils s’en lavent les mains, toi tu portes à vie c’que t’as fait.
Sur l’papier gardien d’la paix, sur l’terrain t’es chasseur,
T’as juré d’servir le pays, tu tires sur ses successeurs.
L’ordre tombe à la radio, mais c’est ton doigt qui presse,
Demain au JT ils diront « bavure », « accident », « maladresse ».
Et toi, tu dis qu’tu fais qu’ton job, qu’tu suis les consignes,
Comme si t’accrochais ta conscience au vestiaire avec l’insigne.
Un matin, ta fille, pancarte en main, quitt’ra ton toit,
Ce jour-là, prie fort pour qu’en face, ce n’soit pas un type comme toi.
1312, pas un calcul : des comptes à rendre,
1312, l’État refuse d’apprendre,
1312, pas d’nom, pas d’matricule,
1312, sur vos murs en majuscules.
Le pompier, casque à la main, la joue plaquée contre le bitume,
Il manifeste pour des moyens, ce jour-là c’est lui qu’on enfume.
L’hiver dernier, il a sorti un flic d’une bagnole en feu,
Aujourd’hui c’est p’t-être le même qui lui envoie l’gaz dans les yeux.
L’agriculteur monte à Panam, le tracteur chargé d’ses dettes,
Il voulait un prix pour son lait, il repart la gorge en miettes.
Debout à quatre heures pour la traite, les mains gercées et craquées,
La France a l’ventre plein grâce aux mains qu’elle a matraquées.
Sous l’pont, l’exilé dort, la tête posée sur tout c’qu’il possède,
On lacère sa tente à l’aube, et personne n’intercède.
La mer l’a épargné, la Libye l’a laissé passer,
C’est en France qu’il a appris c’que ça veut dire, être chassé.
Du gilet jaune au sans-papiers, du vieux syndiqué au gamin,
Même bâton, même mépris : on chante tous le même refrain.
Pas b’soin d’casier pour finir joue contre le trottoir,
Et quand tu sors ton tel, c’est : « circulez, y’a rien à voir ».
1312, pas un calcul : des comptes à rendre,
1312, l’État refuse d’apprendre,
1312, pas d’nom, pas d’matricule,
1312, sur vos murs en majuscules.
J’parle pas de chaque flic, mais du système qui couvre et classe,
Ils se jugent en famille, et l’dossier s’noie sous la paperasse.
Ils cachent leur RIO avant d’charger, comme des coupables,
Sept chiffres scotchés, masqués, pour rendre la faute introuvable.
Sans les téléphones, y’aurait que leur version, lisses, sans tache,
Aujourd’hui chaque écran témoigne, et c’est ça qui les fâche.
Ils disent « maintien d’l’ordre », moi j’vois qu’ils maintiennent que la peur,
Des mots propres sur des plaies sales, parfum sur la puanteur.
Des années d’procès, non-lieu, les proches partent en silence,
Le flic reprend son service, la mère ses ordonnances.
Dans l’fourgon, la radio crache les idées d’la droite extrême,
Ceux qu’ils contrôlent, comme par hasard, c’est toujours les mêmes.
Mais les mêmes, maint’nant, c’est les profs, les pompiers, le blocus.
On était seuls face au gaz, demain on sera des milliers d’plus.
Ils tirent sur un gosse, comme s’ils avaient peur d’une ombre,
Ils ont la force de l’ordre, nous on a la force du nombre.
1312… Vous croyez vraiment qu’on va se laisser faire ?
1312, pas un calcul : des comptes à rendre,
1312, l’État refuse d’apprendre,
1312, pas d’nom, pas d’matricule,
1312, sur vos murs en majuscules.
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