Les Halles en 1900 : ceux qui nourrissaient Paris avant l’aube
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Les Halles en 1900 : ceux qui nourrissaient Paris avant l’aube
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Il est trois heures du matin, et tout Paris dort. Au pied de Saint-Eustache, pourtant, les rues ont disparu sous les charrettes de choux, une soupe fume sur le trottoir, et un homme coiffé d’un grand chapeau de cuir attend la cloche, une médaille de cuivre au col. Vers 1900, chaque nuit, des milliers de personnes travaillaient aux Halles pour que la ville trouve de quoi manger à son réveil. Suivons cette nuit, de la première charrette au dernier coup de balai, et voyons où l’on peut encore la toucher aujourd’hui.
📌 Ce que vous allez découvrir
• Qui faisait vivre les Halles : les maraîchers et les cultivateurs de la plaine des Vertus, les forts et leur médaille aux armes de Paris (650 en 1902, payés en bourse commune, de 1 500 à 4 000 francs par an), les porteurs inscrits sur un simple certificat de domicile, les mandataires de la loi de 1896, les gardeuses et leurs jetons de cuivre.
• Une nuit heure par heure : les premières voitures vers 21 h, les petits pois avant minuit, le petit train d’Arpajon entre 1 h et 4 h, la cloche, le cresson à la lanterne, la marée, les porteurs payés vers 10 h — et le froid du carreau, sans abri, par tous les temps.
• Manger, dormir, payer : la soupe sur le trottoir et le vin blanc au comptoir, les « arlequins » vendus deux ou trois sous, le banc de cabaret à dix centimes et la hotte louée trois sous, deux nuits par semaine dans la voiture d’une maraîchère de Deuil en 1885 — et la marchande de verdure des Halles devenue Reine des Reines de Paris en 1901.
• Ce qui a changé et ce qui reste : le départ pour Rungis entre le 28 février et le 3 mars 1969, la fin des forts, la démolition des pavillons et le « trou des Halles », puis le Forum ; et aujourd’hui Saint-Eustache et la sculpture de Raymond Mason, la rue Montorgueil et, à Nogent-sur-Marne, le pavillon n° 8 remonté pièce par pièce.
Contenu éducatif et historique.
📚 Sources principales
• « Le Mois littéraire et pittoresque », janvier-juin 1902 — Gallica
• Léon et Maurice Bonneff, « Marchands de folie », Paris, Marcel Rivière, 1913 — Internet Archive
• Urbain Guérin, « Cultivateur-maraîcher de Deuil (Seine-et-Oise) », Les Ouvriers des deux mondes, monographie n° 51, enquête de 1885 — édition numérique Huma-Num
• Maxime Du Camp, « Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie dans la seconde moitié du XIXe siècle », tome 2, « Les Halles centrales », Hachette, 1879 — Wikisource
• Archives de Paris, « Les Halles de Paris : vie et transformations d’un espace économique (1135-1974) », dossier pédagogique
— et d’autres sources.
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