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Sophie Nordmann - Leçon inaugurale : Pour un éclairage sur l'intelligence.

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Sophie Nordmann - Leçon inaugurale : Pour un éclairage sur l'intelligence.

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Jean Baudrillard (1929-2007), France Culture, « Perspectives Scientifiques », Janvier 1987 : Moi je pensais au danger de cette intelligence-là aussi, par rapport toujours aux technologies, disons, mécanistes et industrielles, du XIXe siècle, dont un des résultats a quand même été de laisser le corps en friche, je veux dire le corps humain. C'est-à-dire, en mécanisant précisément ses performances, de faire du corps presque un objet inutile, dont il faut s'occuper par ailleurs sur un mode thérapeutique, parce que précisément c'est un objet laissé pour compte, et qu'un des résultats peut-être de ce surdéveloppement, je dirais presque cancéreux, des modèles cérébraux, de simulation, etc., serait de laisser malheureusement notre cerveau en friche de la même façon dont le corps a été laissé en friche par le XIXe siècle. Et qu'un des résultats possibles serait que le cerveau proprement humain devienne au fond à ce moment-là une sorte de chose superfétatoire, superflue, dont il faudrait s'occuper autrement, je ne sais pas, de retrouver des processus d'emploi de cet organe devenu inutile, je sais pas, c'est un problème. Là c'est par analogie au corps, mais nul ne dit que, puisque le développement se fait par extension, finalement ce dernier organe, cet ultime organe, subisse lui aussi le même destin. Source : https://www.radiofrance.fr/francecult... Référence complémentaire : Jacques Carbou, La mécanisation de l'esprit: Cybernétique, Intelligence artificielle, Transhumanisme, Les éditions du Verbe Haut, 2022. PLATON, Gorgias, GF-Flammarion, p. 278 : Socrate Je crois que je suis un des rares Athéniens, pour ne pas dire le seul, qui s’attache au véritable art politique, et qu’il n’y a que moi qui le pratique aujourd’hui. Comme chaque fois que je m’entretiens avec quelqu’un, ce n’est point pour plaire que je parle, mais que je vise au plus utile et non au plus agréable, et que je ne puis me résoudre à faire ces jolies choses que tu me conseilles, je n’aurai rien à dire devant mes juges. […] Je serai jugé comme le serait un médecin accusé devant des enfants par un cuisinier. Vois en effet ce qu’un pareil accusé pris au milieu de tels juges pourrait alléguer pour sa défense, si on l’accusait en ces termes : « Enfants, l’homme que voici vous a souvent fait du mal à vous-mêmes et il déforme les plus jeunes d’entre vous en les incisant et en les brûlant, il les réduit au désespoir en les faisant maigrir et en les étouffant, il leur donne des breuvages très amers, les force à souffrir la faim et la soif, au lieu de vous régaler, comme moi, de mille choses exquises et variées ». Que crois-tu que pourrait dire le médecin pris dans ce guêpier ? S’il disait, ce qui est vrai : « Je n’ai fait tout cela, enfants, que pour votre santé », quelle clameur crois-tu que pousseraient de tels juges ? Ne serait-elle pas violente ? Lamia El Badawi, L'intelligence artificielle et ses applications, Ellipses, p. 11 : Le terme « intelligence » tel que nous l’employons aujourd’hui est dérivé du latin intelligere qui signifie comprendre, c’est-à-dire « saisir par l’esprit », appréhender un savoir de manière pertinente. C’est l’aptitude à saisir un grand nombre d’informations et à créer des relations entre celles-ci. Elle se définit par conséquent en termes de quantité : produire de nombreux liens et de qualité : faire des liens pertinents. #philosophie #interview