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Le Vide et le Brouillard - L’abîme de l'histoire. Au mémorial d'Okakura Kakuzō. Japon : Critique...

Japon : critique de la separation des critiques

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Le Vide et le Brouillard - L’abîme de l'histoire. Au mémorial d'Okakura Kakuzō. Japon : Critique...

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Japon : critique de la separation des critiques
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Cette vidéo s'inspire très librement de l'ouvrage d’Édouard Pommier sur l'historien Winckelmann, dont voici une citation : « L'histoire de l'art naît de la prise en compte de l'Abîme qui sépare notre société de celle de l'Athènes classique. Autrement, l'art devient l'objet d'une histoire, à partir de l'instant où l'on éprouve le sentiment d'un état de crise, mis en parallèle avec une floraison dont les œuvres portent encore le témoignage à nos yeux. » Édouard Pommier, Winckelmann, inventeur de l'histoire de l'art, éditions Gallimard, 2003, p. 167 Qu'est-ce donc que la modernité dans le domaine de l'art ? À la différence d'autres disciplines qui font remonter la modernité entre le XVIe et le XVIIIe siècle, les acteurs de ce milieu énoncent couramment une modernité naissant au XIXe siècle dans une scène artistique mettant en avant Courbet, Manet, les impressionnistes et toutes les avant-gardes qui ont succédé. Cette narration s’appuie sur des révolutions picturales indéniables, mais elle possède une faiblesse intrinsèque : elle est fortement située géographiquement et pose en modèle une culture euro-américaine comme moteur de la modernité. Par un jour de pluie autour du mémorial d'Okakura Kakuzō qui se trouve à Myōkō, je propose de mettre en avant une autre hypothèse de la naissance de la modernité, celle de la différence entre le classicisme et le néoclassicisme. En croisant certaines analyses sur les textes de Winckelmann et d'Okakura Kakuzō, il me semble apparaître une dynamique commune concernant l'abîme qui nous sépare de périodes révolues. Que cet abîme se matérialise sous la blancheur des statues grecques ou par le vide d'une chambre de thé, ce qui pourrait être commun, c'est la manière dont une nostalgie et une idéalité semblent en émerger. D'un côté, il y a la certitude qu'un objet appartenant à un ailleurs culturel ou historique nous reste inévitablement étranger. D'un autre côté, il réside l'évidence d'une possibilité de sentir à nouveau une cohérence idéale à travers ce même objet. Entre ces deux jugements émerge la possibilité de l'invention d'une tradition remise au goût du jour et devant nous servir de référence. Cette réflexion subjective sur le néoclassicisme moderne et mondialisé est accompagnée d'images d'une station de ski dans une brume de fin d'été. L'abîme y prend la forme d'un brouillard et les remontées mécaniques deviennent temporairement des vestiges contemporains. Un film de Frédéric Weigel