Groupamello - J'irai m'oublier la nuit
GROUPAMELLO
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Groupamello - J'irai m'oublier la nuit
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GROUPAMELLO
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Ouais,
Groupa' au micro,
Treize années et j'prenais des décisions pleines de noirceur,
Choisir les liens du sang ou choisir les liens du cœur,
Y'a ceux qui suivent la route, et ceux qui savent où elle mène,
Y'a ceux qui marchent avec toi juste pour voir comment tu saignes,
Un chien qui mord recommencera,
La première fois t'as pardonné,
La deuxième fois t'étais prévenu,
On m'a dit : « Du bonheur, tu t'en passeras »,
Faut toujours pouvoir donner, même quand t'as presque plus rien,
Comment dire à mon fiston,
Qu'elles aiment les grosses thunes et les Louis Vuitton,
Qu'un « pour toujours » peut tenir l'temps d'une saison,
Et qu'les plus beaux « je t'aime » cachent parfois l'addition,
La vie est pas si belle mais ça va, j'comptais pas la marier,
Une première bague au doigt, elle te la rendra rayée,
J'ai demandé à Dieu quel projet,
J'ai saigné, je les ai vus s'inquiéter,
À ce moment-là, le diable s'impatientait,
Comment leur dire que le combat est déjà terminé,
Quand c'est votre âme qui a été abandonnée,
Sur de longs sentiers de verre,
Sur de longs trajets sans lumière,
J'irai...
J'irai m'oublier la nuit, j'ai plus grand-chose à fêter,
Les rêves étaient gratuits, c'est pour ça qu'j'en avais plein,
Aujourd'hui faut payer pour vivre, faut travailler pour payer,
Et quand le salaire arrive, il appartient déjà à quelqu'un.
J'ai laissé l'sport de côté, j'ai dit « demain » trop longtemps,
J'ai laissé deux-trois projets mourir doucement,
J'voulais courir après mes rêves, j'ai couru après l'argent,
Maintenant mon corps me présente la facture avec les intérêts.
Ils vont boire pour oublier, moi j'oublie même plus rien,
Soirées à la con, mêmes bouteilles, mêmes histoires au matin,
Ça s'embrasse à deux heures, à quatre heures ça s'connaît plus,
J'ai vu des grandes amitiés mourir pour beaucoup moins qu'un dû.
Les faux parlent beaucoup quand la table est remplie,
Mais quand faut porter la table, bizarrement y'a moins d'amis,
J'ai arrêté d'faire le compte, j'ai mon frère dans l'équipe,
Un seul qui reste dans l'orage vaut mieux qu'cent sous les éclaircies.
On a partagé la dalle, donc on partagera l'assiette,
Si demain j'ai dix millions, il connaîtra déjà l'adresse,
Pas besoin d'lui dire « mon frère » à chaque fin de phrase,
Quand tout part en couilles, tu reconnais les tiens à ceux qui restent.
J'ai donné ma santé pour un travail qui dira jamais merci,
Des nuits à tenir debout pendant qu'mon corps criait « ralentis »,
J'pensais qu'être indispensable pouvait justifier l'sacrifice,
Mais personne te rend tes heures quand c'est ton corps qui paie l'addition.
J'ai vu leur tête changer quand le sang s'est mis à couler,
Moi j'avais presque l'habitude de dire « t'inquiète, ça va aller »,
À force de négliger les signes, j'ai fini par plus les compter,
Y'a des combats qu'on croit gagner juste parce qu'on continue d'avancer.
J'ai des projets dans des cartons, des souvenirs dans l'téléphone,
Des gens qu'j'appelais « la famille » dont j'ai supprimé le numéro,
Des filles qui parlaient d'avenir avant même de connaître mon présent,
Maintenant quand on m'dit « pour toujours », j'demande « jusqu'à quand ? »
J'ai connu les poches vides et les journées bien remplies,
Le sourire devant les autres, les calculs quand vient la nuit,
J'voulais seulement monter, personne m'avait dit le prix,
Plus tu montes avec du monde, plus tu regardes qui te suit.
Alors j'avance avec mon frère,
Même quand y'a rien devant,
Groupa', même dans la merde,
On en rigolera sûrement dans dix ans.
Et si demain tout s'arrête,
J'aurai au moins essayé,
J'ai enterré quelques rêves,
Mais j'sais encore où ils sont enterrés.
Sur de longs sentiers de verre,
Sur de longs trajets sans lumière,
J'irai...
Pas chercher les autres,
Pas chercher leurs soirées,
Pas chercher leurs « je t'aime »,
J'en ai déjà assez entendu.
J'irai là où mes pensées font moins de bruit,
Là où personne me demande si tout va bien aujourd'hui,
Groupa'...
J'irai m'oublier la nuit.