La Prodigieuse Ingénierie de la Frégate | Documentaire pour dormir
Le Fanal и Juste un Conteur
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La Prodigieuse Ingénierie de la Frégate | Documentaire pour dormir
293 просмотра · 4 дня назад
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La Prodigieuse Ingénierie de la Frégate | Documentaire pour dormir
Le 19 août 1812, les boulets tirés à bout portant par le HMS Guerriere ricochent sur la coque de l'USS Constitution : un marin britannique s'écrie que ses flancs sont faits de fer, d'où le surnom « Old Ironsides ». La vidéo révèle que rien ne doit à un blindage secret : tout vient de l'ingénieur Joshua Humphreys, qui avait dessiné ce navire à Philadelphie vingt ans plus tôt. Elle remonte au dilemme du XVIIIe siècle : les vaisseaux de ligne, comme le HMS Victory de Trafalgar, alignaient plus de 100 canons mais naviguaient lentement, tandis que les petites unités rapides manquaient de puissance de feu. Vers 1740-1750, la Marine française crée la frégate : une coque longue et étroite, un seul pont de canons, assez forte pour détruire ce qui est plus petit, assez rapide pour fuir ce qui est plus grand. La vidéo détaille le ratio longueur-largeur proche de 4:1, la section arrondie sous la ligne de flottaison, la proue acérée et la quille stabilisatrice. Humphreys impose le chêne vivant de Géorgie et des Carolines, densifie les membrures et arme la Constitution de 44 canons, dont 30 pièces de 24 livres et des caronades de 32 livres. Le doublage en cuivre, laminé dans l'usine de Paul Revere à Canton, dans le Massachusetts, préserve la coque des balanes et des tarets. Trois mâts de plus de 60 mètres portent plus de 30 voiles, soit plus de 2 800 m² de toile manœuvrée par des matelots d'élite. Chaque frégate exigeait 60 acres de forêt, environ 1 500 arbres, un à trois ans de chantier et 300 000 dollars de 1797, pour 70 % de la puissance d'un vaisseau au quart du prix. La Royal Navy aligne plus de 100 frégates pendant les guerres napoléoniennes. Lors de la guerre de 1812, la Constitution, entraînée par le capitaine Isaac Hull, défait la Guerriere en trente minutes, consternant Londres et The Times. La vapeur puis le fer condamnent la frégate à voiles, mais le concept survit : les frégates lance-missiles d'aujourd'hui escortent, patrouillent et projettent la puissance, fidèles à l'idée de Humphreys. Le génie de Humphreys ne tenait pas seulement au choix du bois. Sa vraie innovation, détaillée par le Naval Institute Press (usni.org/magazines/naval-history-magazine/1994/april/humphreyss-real-innovation), fut un système de diagonales précontraintes : de longues pièces de bois courbes reliant la quille aux barrots du faux-pont, trois paires à l'avant et trois à l'arrière. Elles contrecarraient learcage naturel des longues coques en bois, le hogging, en reportant les efforts de flexion vers le centre du navire. Des essais modernes sur maquette ont montré qu'une coque sans diagonales fléchissait de presque deux centimètres sous 360 kilos de charge, alors qu'avec elles il fallait plus du double pour moitié moins de déformation. Il faut aussi se rappeler que la Guerriere était elle-même un navire français, lancé à Cherbourg en 1799 et capturé par les Britanniques en 1807 (troisponts.net/2020/08/19/uss-constitution-c-hms-guerriere-1812). Sur les six frégates autorisées par le Naval Act de 1794, seules trois, dont la Constitution, reçurent les pièces de 24 livres ; les trois autres, plus classiques, restèrent au calibre de 18. La Constitution est aujourd'hui le plus ancien navire de guerre encore en service au monde, unique survivante des « Original Six », avec 32 victoires à son palmarès (histoire-de-fregates.com/uss-constitution). Depuis 2015, elle est le navire amiral symbolique de la flotte américaine, amarré au Charlestown Navy Yard de Boston.