Le secret le plus mortel de Versailles
Rien n’est Ordinaire
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Le secret le plus mortel de Versailles
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Rien n’est Ordinaire
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Dans les réserves du musée Winterthur, aux États-Unis, des bacs métalliques sont posés sous les vieux miroirs aux cadres dorés : de ces miroirs goutte encore du mercure. C’est la trace d’une technique que l’Europe a utilisée pendant près de quatre siècles. Au XVIIe siècle, on cédait un domaine pour un seul miroir ; aujourd’hui, il coûte moins cher qu’un dîner à deux. Que s’est-il passé en trois cents ans, et qui a payé pour que nous puissions nous voir chaque jour ?
Dans cet épisode : l’histoire du miroir, de l’obsidienne polie de Çatal Höyük aux disques de cuivre et de bronze, jusqu’aux « œils-de-bœuf » bombés du Moyen Âge et au miroir des « Époux Arnolfini ». Comment les verriers de Murano ont appris à poser le métal sur le verre à froid — avec de l’étain et du mercure — et pourquoi Venise en a fait un secret d’État.
Puis une véritable guerre d’espionnage : Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV, débauche les maîtres de Murano ; Venise riposte par de fausses lettres et monte les transfuges les uns contre les autres ; la France finit par bâtir la Galerie des Glaces de Versailles sans un seul miroir vénitien. Le coulage du verre sur une table de cuivre, la manufacture de Saint-Gobain, et un inventaire où un miroir vaut presque trois fois un tableau de Raphaël.
Et surtout, le prix caché : des miroitiers qui respiraient des vapeurs de mercure, le tremblement mercuriel décrit par Bernardino Ramazzini, des enfants devant les tables au mercure. Pourquoi l’argenture sans danger de Justus von Liebig (1835) a-t-elle attendu un demi-siècle, et quel rôle a joué le cours de l’argent ?
00:00 Ces miroirs qui pleurent du mercure
01:28 De l’obsidienne à l’« œil-de-bœuf »
04:44 Murano : le secret de l’étain et du mercure
06:27 Colbert et la guerre d’espionnage
10:27 Versailles, le coulage et un miroir plus cher qu’un Raphaël
12:29 Les tables au mercure : le prix caché
14:24 Liebig, l’argent et un demi-siècle d’attente
Sources : Sabine Melchior-Bonnet, « Histoire du miroir » ; Bernardino Ramazzini, « De morbis artificum diatriba » (1700) ; rapport de la société médicale de Fürth (1861) ; Factory and Workshop Act britannique (1878) ; musée Winterthur.
Certaines scènes sont des illustrations créées avec l’IA d’après des descriptions historiques ; les schémas sont des schémas de principe.
Photos et vidéos : miroir d’obsidienne de Çatal Höyük — Dosseman, CC BY-SA 4.0 ; miroir romain au plomb — Suffolk County Council, Andrew Brown, CC BY-SA 4.0 ; Murano sur la vue de Barbari — Sailko, CC BY-SA 4.0 ; coupe Barovier — Derbrauni, CC BY 4.0 ; salle du Conseil des Dix — Zairon, CC BY-SA 4.0 ; Galerie des Glaces — Myrabella, CC BY-SA 3.0, et Jorge Láscar, CC BY 2.0 ; manufacture de Saint-Gobain — Compagnie de Saint-Gobain, CC BY-SA 2.0 DE ; ouvrage de Ramazzini (1713) — Tspvmo44, CC BY-SA 4.0 ; mercure — Bionerd, CC BY 3.0, et James St. John, CC BY 2.0 ; verre flotté — ICAPlants, CC BY-SA 3.0 ; expérience du « miroir d’argent » — Karas Studio, CC BY-SA 4.0. Autres images d’archives : Wikimedia Commons, Metropolitan Museum of Art, Rijksmuseum (domaine public / CC0). Vidéos : Pexels, Pixabay, Coverr.
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