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"Pâques à New-York" de Blaise Cendrars (extraits)

Monde Intérieur - poésie

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"Pâques à New-York" de Blaise Cendrars (extraits)

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C'est à l'âge de 25 ans que Cendrars, de retour de Russie et voyageant seul à NY, écrivit ce poème, longue incantation d'un athée à un Dieu potentiel au moment de Pâques , en avril 1912. ("Seigneur" est répété 47 fois dans les 105 couples de vers qui composent le poème) Il signa l'entrée de la poésie française dans la modernité du XXe s. Quelques mois plus tard, Apollinaire composa "Zone" qui ouvre le recueil d'Alcools (un prochain Tuto lui sera consacré, avant de comparer les deux textes). Cendrars lui avait envoyé son œuvre. Le poème de Cendrars comporte des fulgurances prophétiques troublantes : "Seigneur aillez pitié des juifs dans les baraques", "Seigneur, la Banque illuminée est comme un coffre-fort, Où s’est coagulé le Sang de votre mort." C'est une modernité angoissée, où le recours à la religion est invoqué comme un questionnement de celle-ci, une boussole potentielle. Et où la pitié, la miséricorde rendue nécessaire par la misère du monde est en quelque sorte mise en parallèle de la passion du Christ. Poème mystique écrit par un non-croyant, traversé de phrases qui auraient pu être écrites par un croyant, il reste avant tout un exercice poétique majeur : "Le soleil, c’est votre Face souillée par les crachats." A découvrir, en sachant que je n'ai pas lu tout le texte, sinon le Tuto aurait été trop long.