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Bizerte 1961 : huit cents paras français prennent une ville de dix mille en trois joursэ

Adrien-Marcel Lefebvre

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Bizerte 1961 : huit cents paras français prennent une ville de dix mille en trois joursэ

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Adrien-Marcel Lefebvre
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Le dix-neuf juillet mille neuf cent soixante et un, peu après l’aube, huit cents parachutistes français sautent sur l’aérodrome de Sidi Ahmed, en Tunisie, une piste creusée de tranchées et balayée par les mitrailleuses. Depuis l’indépendance de mille neuf cent cinquante-six, la France a gardé la base navale de Bizerte, son dernier grand ancrage en Afrique du Nord. En juillet mille neuf cent soixante et un, le président Bourguiba exige le départ des Français et fait border la base par des soldats et des milliers de volontaires, près de dix mille hommes qui ferment les routes et coupent la piste. De Gaulle refuse de céder sous la pression, au moment même où les Nations unies s’apprêtent à condamner la France. En trois jours, les parachutistes du deuxième et du troisième régiment d’infanterie de marine, appuyés par la Légion, les marsouins, l’aviation et la marine, brisent le blocus et prennent la ville entière. Le vingt-trois juillet, Bizerte est aux mains des Français. Le prix est sans commune mesure des deux côtés, autour de vingt-quatre hommes pour la France, plusieurs centaines côté tunisien. L’Assemblée générale de l’ONU condamne Paris, qui garde pourtant la base. Deux ans plus tard, la guerre d’Algérie finie, la France rend Bizerte sans un coup de feu. Ce que les parachutistes avaient enlevé sous les mitrailleuses, des diplomates le cédèrent à la signature. Abonnez-vous pour la suite des récits de l’armée française.