Naima Kafi :Une vie discrète dans l’ombre de l’histoire tunisienne
Manara French
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Naima Kafi :Une vie discrète dans l’ombre de l’histoire tunisienne
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Naima Kafi, décédée le 9 avril 2025, était la première épouse de Zine El Abidine Ben Ali, président de la Tunisie de 1987 à 2011. Son décès, annoncé par sa fille Cyrine via un message sur Facebook, a marqué la fin d’une vie marquée par la discrétion, loin des tumultes politiques et médiatiques qui ont entouré son ex-mari. Si peu de détails ont été révélés sur les circonstances de sa mort, cette nouvelle a ravivé l’intérêt pour une femme dont l’histoire est intimement liée à une période clé de la Tunisie contemporaine.
Origines et jeunesse
Naima Kafi est née vers 1950 (la date exacte reste incertaine) dans une famille influente. Elle était la fille du général Mohamed Kafi (ou Ali Kafi selon certaines sources), un haut gradé de l’armée tunisienne sous l’ère post-indépendance. Cette ascendance lui conférait une position sociale notable dans la Tunisie des années 1950, encore marquée par la transition vers la souveraineté nationale. Élevée dans un milieu militaire et bourgeois, Naima a grandi avec une éducation soignée, mais peu d’informations précises existent sur sa jeunesse, reflétant sa volonté constante de préserver sa vie privée.
Mariage avec Ben Ali
Naima rencontre Zine El Abidine Ben Ali à la fin des années 1950 ou au début des années 1960. À l’époque, Ben Ali n’est qu’un jeune militaire ambitieux, loin du statut de président qu’il atteindra plus tard. Leur mariage, célébré le 19 juillet 1961 à Sousse, marque un tournant pour Ben Ali. En épousant la fille d’un général influent, il gagne un accès privilégié aux cercles du pouvoir. Le soutien du père de Naima lui permet d’intégrer les services de renseignement militaire, posant les bases de son ascension fulgurante. De ce mariage naissent trois filles : Ghazoua, Dorsaf et Cyrine, qui resteront les seuls enfants de Naima.
Pendant près de vingt ans, Naima accompagne Ben Ali dans sa carrière, des postes militaires aux fonctions diplomatiques, comme son rôle d’attaché militaire au Maroc. Elle incarne alors l’épouse discrète, soutenant son mari sans chercher la lumière des projecteurs, une attitude qui contraste avec celle de Leila Trabelsi, la seconde épouse de Ben Ali.
Le divorce et l’effacement
Au début des années 1980, des tensions apparaissent dans le couple. Ben Ali entame une relation avec Leila Trabelsi, une coiffeuse qui deviendra une figure centrale de son régime. Cette liaison, initialement secrète, précipite la fin du mariage. En 1988, un an après que Ben Ali a pris le pouvoir par un coup d’État médical contre Habib Bourguiba, le divorce est prononcé. Naima, désormais ex-épouse du président, choisit de se retirer de la scène publique. Contrairement à Leila, qui s’impose comme une première dame controversée, Naima opte pour une vie recluse, refusant d’exploiter son passé ou de commenter les frasques du régime.
Une vie après Ben Ali
Après la révolution tunisienne de 2011, qui chasse Ben Ali et sa famille proche vers l’exil en Arabie saoudite, Naima reste en Tunisie. Installée à Sousse, elle vit modestement, loin des scandales et des accusations de corruption qui éclaboussent Leila Trabelsi et ses proches. Elle maintient des liens avec ses filles et petits-enfants, mais évite toute apparition publique. En 2014, des rumeurs évoquent un projet de mémoires avec sa fille Cyrine, mais rien ne voit le jour, confirmant son rejet de toute exposition médiatique.
Décès et héritage
Le 9 avril 2025, Naima Kafi s’éteint à un âge avancé, probablement autour de 75 ans. Les causes de sa mort n’ont pas été précisées, et les autorités tunisiennes n’ont pas publié de communiqué officiel à ce jour (10 avril 2025). Son décès, bien que peu médiatisé, rappelle une époque révolue. Naima incarne une figure de retenue dans un contexte marqué par l’excès et la controverse. Son silence, souvent interprété comme une forme de dignité, contraste avec les récits bruyants de l’ère Ben Ali.
En somme, Naima Kafi fut plus qu’une simple épouse de président : elle fut une femme qui, par son retrait volontaire, a choisi de préserver son intégrité face aux aléas du pouvoir.