260911 VE lointain envisagé
Vence Info Mag
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260911 VE lointain envisagé
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« Le lointain envisagé » — Vernissage vendredi 11 septembre 2026, Galerie des Baous, Vence
Dans sa présentation, Patrick Rosiu part de l'idée que la peinture nous vient de très loin : elle traverse toute l'histoire humaine et nous constitue en tant qu'êtres, au-delà de la simple biologie. Porteurs de cette longue histoire, nous restons habités par un présent questionné à travers le désir de peindre quelque chose de l'humanité. Le titre traduit ainsi cette tension entre un lointain hérité et un présent vécu, déclinée à travers trois démarches artistiques :
• Florent explore le paysage et sa mémoire, entre présence et effacement. Son travail, marqué par des couleurs et des lumières particulières, cherche à « attraper » quelque chose du possible de peindre — une démarche comparée à la marche dans une neige poudreuse, où des traces apparaissent puis peuvent s'effacer. La peinture y est pensée comme un travail sur le temps (météorologique et existentiel) plus que sur l'espace.
• Gilles aborde ce même « lointain » autrement : par une saisie de l'espace faite de pliures, de nœuds et de lignes qui engendrent un espace labyrinthique, imperceptible par moments, où le spectateur peut à la fois se perdre et se retrouver. Patrick Rosiu y voit une forme de baroque contemporain, au sens noble du terme — une esthétique du regard, du jeu entre montrer et cacher, voir et deviner.
• Patrick Rosiu lui-même, également artiste exposé, évoque son propre « lointain », fait d'allers-retours entre microcosme et macrocosme, cosmologie et neuronal — l'artiste comme « passeur » entre deux mondes qui se rejoignent. Il relie cette réflexion à un tableau intitulé en référence à l'échelle de Jacob : plutôt que de peindre la lutte entre Jacob et l'ange, il choisit de peindre l'échelle elle-même, laissant au spectateur la place d'entrer en lutte avec l'œuvre et avec lui-même.
Il rappelle enfin que la peinture, depuis la préhistoire, relève toujours du secret et du sacré — un geste que l'on continue de tenter de « comprendre » sans jamais totalement y parvenir. Il conclut en expliquant pourquoi il a réuni ces trois univers artistiques : une communauté d'esprit fondée sur la surprise et la nouveauté, dans l'espoir que le visiteur ressorte de l'exposition transformé, « basculé » dans son regard et son esprit.