Перейти к содержимому

🌑 Nyx — Le Jour des Cendres : la perte | Hard Rock / Classic Metal Instrumental

codex des mondes

0:00 / 0:00

🌑 Nyx — Le Jour des Cendres : la perte | Hard Rock / Classic Metal Instrumental

105 просмотров · 5 дней назад
codex des mondes
356 подписчиков
105 просмотров · 5 дней назад
Cette musique instrumentale repose sur une partition MIDI que j’ai composée et sur le contexte narratif du chapitre. Suno l’a interprétée avec l’IA. LE JOUR DES CENDRES Son père resta immobile. Un instant seulement. Assez longtemps pour voir le sang quitter son visage. Assez longtemps pour que ses yeux descendent vers la main d’Ollyne, vers les filaments noirs qui coulaient entre ses doigts, vers cette absence rouge où son regard d’enfant aurait dû se trouver. Puis Ollyne leva son visage vers lui. Et tout changea dans son visage. Il ne vit plus la fumée. Il ne vit plus la chose. Il ne vit plus l’impossible. Il vit seulement sa fille. Il lâcha ce qu’il tenait, traversa la forge en deux pas et la prit dans ses bras. Ollyne s’accrocha à lui avec toute la force qui lui restait. Ses doigts se crispèrent dans son tablier, dans sa chemise, contre sa peau. Elle tremblait si fort qu’il sentit ses os vibrer contre les siens. — Papa… Il la serra plus fort. — Je suis là. Il la souleva comme il l’avait fait lorsqu’elle était plus petite, lorsqu’elle tombait dans la rue, lorsqu’elle revenait avec les genoux ouverts et les mains pleines de terre. Mais cette fois, son corps était lourd d’une peur qu’aucun père ne savait porter. Il marcha vers l’extérieur. La brume s’étira derrière lui. Dans la rue, les villageois reculèrent d’abord. Puis certains avancèrent malgré tout. Ils avaient peur. Tous avaient peur. Mais c’était Ollyne. L’enfant aux fleurs. L’enfant qui courait trop vite. L’enfant qui posait trop de questions aux anciens. Une enfant du village. Son père fit encore quelques pas. Puis son souffle se brisa. Il tomba sur un genou. Ollyne sentit la secousse, mais il ne la lâcha pas. Au contraire, il la ramena contre lui, comme si ses bras pouvaient encore dresser un mur entre elle et le monde. — Ce n’est pas ta faute, murmura-t-il. Ollyne secoua la tête. Elle secoua encore la tête. Le monde refusait de prendre sens. — Ce n’est pas ta faute. Sa voix était plus basse, plus rauque. Alors la mère d’Ollyne arriva. Elle courait. Elle avait dû entendre les cris, les toux, les corps qui tombaient, puis ce silence affreux qui avalait les rues. Elle s’arrêta en voyant son mari à genoux, sa fille dans ses bras, la fumée autour d’eux. Ollyne tourna la tête vers elle. Et les larmes vinrent enfin. Pas encore un vrai sanglot. Seulement des larmes chaudes, abondantes, impossibles à retenir, qui coulaient sur son visage sale. De son œil perdu, ce n’était pas de l’eau qui tombait. C’était quelque chose de noir, presque épais, qui s’étirait sur sa joue avant de s’évaporer en filaments sombres. Son père la tenait toujours. — Ce n’est pas ta faute. Alors ses bras perdirent leur force. Ollyne sentit d’abord ses doigts se relâcher dans son dos. Puis son poids changer. Puis la chaleur disparaître. Elle baissa les yeux. Son père se défaisait contre elle. Pas d’un coup. Lentement. Comme si même la mort avait du mal à lui arracher ce dernier geste. Ses épaules perdirent leur couleur. Sa peau se défit sous les doigts d’Ollyne. Le tissu de sa chemise s’affaissa là où son corps cessait d’être là. Elle voulut le retenir. Ses mains se refermèrent sur des cendres. Alors quelque chose en elle céda. Pas son cœur. Plus profond. L’absence rouge dans son visage s’ouvrit. Les filaments noirs se dressèrent derrière elle comme une chose qui ne connaissait de la colère que la forme de sa peur. Ils se tordirent, s’allongèrent, se concentrèrent en un œil immense, sans paupière, sans pitié, sans compréhension. Ollyne hurla enfin. Et le village répondit par la douleur. La vapeur jaillit autour d’elle en traits violents, presque solides. Elle traversa la rue, frappa les corps, s’accrocha aux visages, aux mains, aux poitrines. Ceux qu’elle touchait ne tombaient pas seulement en cendres. La douleur passait en eux. Comme si celle d’Ollyne cherchait un endroit où se répéter. Sa mère tendit la main vers elle. — Ollyne ! Mais le nom arriva trop tard. Les filaments la frappèrent aussi. La peur passait de visage en visage. Elle revenait vers Ollyne plus grande, plus lourde, plus impossible à contenir. Et chaque fois qu’elle revenait, la chose entrouvrait un peu plus son œil. Il n’y avait plus de sortie. Seulement une enfant à genoux dans les cendres de son père. Et, au-dessus d’elle, un œil ouvert sur tout ce qu’elle allait perdre. LE SILENCE Quand le silence revint, Ollyne ne le reconnut pas. Ce n’était pas le silence du soir. Ce n’était pas le silence des maisons endormies. Ce n’était pas le silence des histoires terminées. C’était un silence sans retour. La fumée flottait encore entre les rues. Les pavés avaient perdu leur couleur. La forge ne chantait plus. Le village entier semblait figé, comme s’il attendait encore une voix qui ne viendrait plus. Ollyne resta à genoux. Ses mains étaient pleines de cendres. Rien, en elle, ne trouvait de réponse. Autour d’elle, plus personne ne disait son nom. Et, pour la première fois, elle ne sut plus quoi faire de son propre nom.