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Abdallah ag Oumbadougou (Niger) - Imidiwan

Fan Leclerc

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Abdallah ag Oumbadougou (Niger) - Imidiwan

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Abdallah ag Oumbadougou (1962-2020), chanteur et guitariste touareg nigérien. Il achète sa première guitare à l'âge de 16 ans et apprend la musique en autodidacte. Les décennies 70-80 sont marquées par une grande sécheresse et par une marginalisation croissante des touaregs au Niger et au Mali en particulier, provoquant l'exil des jeunes touaregs, les ishumars, vers la Libye et l'Algérie, à la recherche d'un travail et d'un avenir meilleur. Abdallah fait partie de ces exilés et part en 1984 avec deux amis pour l'Algérie. C'est fin 1986 qu'il rejoint les camps d'entraînement de Mouammar Kadhafi où il va rester 45 jours, le temps nécessaire à sa formation et à son acceptation au sein de la Libye. Tous les soirs, il joue pour animer le camp en compagnie d'autres guitaristes. C'est la naissance du premier groupe Takrist n'Akal (signifiant Construire le pays) qui appelle à l'unité du peuple touareg. Ses chants de révolte en tamachek célèbrent la nostalgie du pays, la dureté de l'exil, mais surtout ils appellent à la rébellion tous les touaregs en état de combattre. C'est l'essence du blues touareg, mélopées envoutantes d'une musique traditionnelle reprise à la guitare électrique ou sèche. Ses enregistrements circulent clandestinement à travers tout le pays touareg, dans les campements et les camps de réfugiés. En 1995, il sort son premier album. En 2002, c'est la sortie d'Imawalen, album enregistré à Niamey. En 2004, il sort Afrikya. Depuis, Abdallah utilise sa notoriété pour préserver la culture touarègue. Il a ainsi fondé l'association Takrist n'tada, qui défend les droits des jeunes artistes et construit des écoles de musique pour apprendre aux jeunes filles à manier l'inzad, une vielle monocorde traditionnelle touarègue. En 2005, sous l'égide de Farid Merabet (impresario du groupe Bérurier Noir), des musiciens français, séduits par sa musique et son histoire décident de partir à sa rencontre au Sahara. Il s'agit de Daniel Jamet de la Mano Negra, de Guizmo et Manu Eveno, musiciens de Tryo et d'Amazigh Kateb leader de Gnawa Diffusion. Les rejoindront Imhotep du groupe IAM et de Sally Nyolo. Ils vont ensemble former le collectif Desert Rebel, donner de nombreux concerts et sortir en 2006, un album labellisé "Culture équitable". Un film retraçant l'histoire d'Abdallah et des ishumars a été réalisé par François Bergeron. Il est intitulé Ishumars, les rockeurs oubliés du désert. Au Niger, les touaregs représentent environ 10% de la population, ils ont pourtant été exclus de la vie publique et furent longtemps souvent brutalement réprimés. Abdallah est bien placé pour le savoir : simplement parce que ses chansons étaient très populaires, il fut envoyé en prison à trois reprises et contraint de fuir en Lybie où il rencontra, entre autres, des membres du groupe Tinariwen. Ses enregistrements circulèrent au Niger, au Mali, en Algérie, en Lybie ou au Burkina Faso, partout où vivent des touaregs. Être en possession d'une cassette de ses chansons était absolument interdit et pouvait avoir des conséquences fort désagréables. En 1995, grâce à un accord de paix durable, Abdallah put retourner au Niger. Ses textes chantent la vie quotidienne de son peuple et appellent à l'unité entre les touaregs... "Imidiwan" (Mes amis révolutionnaires) : "Mes amis, les révolutionnaires, ces années, le rendez-vous, c'est la montagne ! L'Aïr et l'Azawak, ce sont nos régions ! Par la force, nous y resterons, que nos ennemis y consentent ou pas ! Nous avons des droits, mais ils sont ignorés et incompris, nous pallierons à tout cela, que vous le vouliez ou non !". Titre extrait du long-box 2 CD "DESERT BLUES 3 - Entre dunes et savanes CD 2" (Network Medien 2008)