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L'AMX-30 B2 : le dernier souffle d'une génération de chars

Richard Dujon

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L'AMX-30 B2 : le dernier souffle d'une génération de chars

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Richard Dujon
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L'AMX-30 B2 Introduction Cette conférence retrace l'histoire de l'AMX-30 B2, char de combat français qui incarne une certaine conception nationale du blindé, en service du début des années 1980 jusqu'aux années 2010, avant de finir comme véhicule d'entraînement. 1. Origines et philosophie Né d'un programme franco-allemand avorté dans les années 1950 : l'Allemagne développe le Leopard 1, la France l'AMX-30. Doctrine française : privilégier la mobilité et la puissance de feu plutôt qu'un blindage massif, jugé inefficace face aux missiles à charge creuse. L'AMX-30 est donc un char léger (36 tonnes), rapide, bas, armé d'un canon de 105 mm — le plus léger des chars de bataille de l'OTAN de son époque. 2. La modernisation B2 (1982) Face au retard technologique des années 1970, la France lance un programme de revalorisation. Le B2 apporte trois améliorations majeures : Conduite de tir : télémètre laser, système COTAC M581 (probabilité d'atteinte ~90 % au premier coup), caméra thermique CASTOR pour le combat nocturne. Mobilité : moteur Hispano-Suiza HS-110-2 plus puissant, boîte automatique SESM ENC-200, 65 km/h, autonomie ~500 km. Armement : obus-flèches APFSDS, canon coaxial de 20 mm efficace contre cibles légères et hélicoptères. 3. Le baptême du feu : opération Daguet (1991) Seul engagement majeur : guerre du Golfe, 44 chars du 4e Régiment de Dragons au sein de la division Daguet. Adaptations : jupes de protection, lance-pots fumigènes, leurres infrarouges. Combats limités : seulement 270 obus tirés durant toute la campagne contre une armée irakienne démoralisée. 4. Fin de carrière Production modeste : 470 à 700 exemplaires. Tentatives de prolongation : remotorisation Mack E9, version Brenus à blindage réactif. Remplacé par le Leclerc dès 1998. Derniers B2 utilisés comme véhicules d'opposition à Mailly et Sissonne jusqu'en 2019. 5. Bilan Points forts : char fiable, mobile, électronique de pointe pour l'époque. Limites : blindage trop léger, absence de stabilisation du canon (tir en mouvement impossible). Héritage : dernier représentant de l'école française du char de combat — mobilité et élégance — avant le Leclerc (56 tonnes) qui referme ce chapitre.