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La Dernière Traite

Fréquence Populaire Media на русском языке и Philippe est dans l'pré

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La Dernière Traite

4 739 просмотров · 17 ч назад
Fréquence Populaire Media на русском языке и Philippe est dans l'pré
4 739 просмотров · 17 ч назад
Premier essai documentaire original produit par Fréquence Populaire. 🐄 Après trois générations, comment se résoudre à arrêter ? « Pedro, je lâche. J’arrête le lait. Je n’y arrive plus. » Ces mots viennent de Philippe Grégoire. Vous connaissez sa voix. Éleveur en Anjou, cofondateur du Samu social agricole et régulièrement invité sur notre antenne, Philippe est un compagnon de route de Fréquence Populaire. En juin 2025, quelques jours après cet appel, Pedro Guanaes Netto a pris le train pour le rejoindre. Il voulait comprendre ce qui amenait un homme que tant de paysans appellent quand ils n’en peuvent plus à dire, à son tour, qu’il était arrivé au bout. Sur la ferme de Philippe, on trait les vaches depuis soixante-douze ans. Son grand-père le faisait, puis son père. Ce matin-là, Philippe tient à nous montrer comment il fait. Il tire les premiers jets de lait, vérifie que tout va bien, puis branche la machine. Quand on lui demande s’il a une vache préférée, il parle d’une brune qui prenait la tête du troupeau et trouvait toute seule le chemin d’une parcelle à l’autre. Il l’avait recueillie chez un voisin qui arrêtait le lait. Aujourd’hui, c’est de sa cour à lui que repart le camion. Pour comprendre pourquoi Philippe arrête, il faut aussi écouter ce qu’on lui a demandé de faire pendant toute sa vie d’éleveur. Son père avait vingt-cinq à trente vaches. Avec sa femme, Philippe est passé à cinquante, puis à soixante. On lui a conseillé d’aller jusqu’à soixante-dix, puis de s’associer avec un voisin pour atteindre cent quarante. Chaque fois, il fallait emprunter, adapter les bâtiments, acheter davantage de matériel et d’aliments. Les fournisseurs vendaient plus, la laiterie collectait plus, le chiffre d’affaires de la ferme augmentait. À la fin de l’année, il ne restait guère plus au couple pour vivre. Quant à ceux qui voulaient garder un petit troupeau, Philippe se souvient que sa laiterie pouvait tout simplement refuser de passer chez eux. Philippe raconte avoir cru à la promesse d’une Europe agricole capable de défendre ses producteurs. Aujourd’hui, il demande des comptes. Aux responsables politiques qui ont défendu les accords de libre-échange. Aux dirigeants de la profession, notamment à la FNSEA, qui ont encouragé les éleveurs à s’agrandir sans leur donner les moyens de peser sur le prix du lait. Il prend un exemple concret. Quand il a fallu refaire les bâtiments pour que les effluents d’élevage ne finissent plus dans les ruisseaux, il en comprenait la nécessité. Mais c’est lui qui signait l’emprunt, et il ne pouvait pas ajouter le coût des travaux au prix de son lait. Qui décide de ce que vaut le travail d’un paysan si celui qui l’accomplit n’a pas son mot à dire sur sa propre facture ? Ce film, nous avons voulu le raconter autrement que nos émissions habituelles. Laisser Philippe aller au bout d’un souvenir, filmer ses mains au travail, accepter le silence quand le troupeau s’en va. Et entendre aussi le soulagement dans sa voix. Après toutes ces années, dit-il, si des amis les invitent à un mariage, sa femme et lui pourront enfin y aller ensemble. La Dernière Traite ouvre une série de documentaires que nous préparons depuis deux ans. Un immense merci à notre camarade Ortès Holz pour son travail au montage et son regard sur la mise en scène. Nous sommes heureux de pouvoir enfin partager ce premier film avec vous. 🎬 Découvrez -La Dernière Traite, partagez le film et dites-nous ce que vous en avez pensé. Vos retours comptent pour la suite.