La Porte de l’Aube (Original) #song #music #dragon #warsong #warsongs #fantasy
Le Conteur
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La Porte de l’Aube (Original) #song #music #dragon #warsong #warsongs #fantasy
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Le Conteur
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La Porte de l’Aube
Il arriva sans tambour ni trompette,
Apprit nos noms avant que le soleil se couche.
Il rit avec nous, mangea à notre table,
Dit la vérité — sans détour, sans embûche.
Il prit le commandement d'un regard seul,
Et nul parmi nous n'osa lui dire non.
À l'aube du second jour l'horizon noircit,
Trois dragons dans le ciel obscurcissaient les cieux.
Il monta sur le rempart, regarda l'armée,
Et sourit comme un homme qui n'a pas peur.
Bien. Ça va être intéressant.
La Porte de l'Aube retint son souffle.
Tenez les murs, tenez les rangs,
Le prince est là — il tient depuis longtemps.
La Porte de l'Aube ne tombera pas,
Pas ce matin. Pas tant qu'il est là.
Ils déferlèrent comme une vague de fer,
Les murs gémirent sous le premier choc !
Lui était partout — nord, est, dans les airs,
Flottant au-dessus des dragons — quel choc !
Il glissait entre les lames sans se faire toucher,
Seul contre mille — souriant — imperturbable !
Elle aussi se battait — légère et mortelle,
Chaque geste une danse millénaire et belle.
Elle relevait les blessés d'une main ferme,
Mais face aux ennemis — aucune pitié, aucun terme.
Le grand dragon frappa la muraille de plein fouet,
Le Prince s'envola — revint — voix riante.
La brèche ! Vite !
Tenez les murs ! Tenez les rangs !
Le fer chante, le sang coule, le feu est dedans !
La Porte résiste — elle résiste encore !
Poussez ! Tenez ! Repoussez-les dehors !
C'est là qu'elle vit le soldat à terre,
Un ennemi levait sa lame sur lui.
Elle s'interposa — tua — sans colère,
Se retourna pour l'aider — et ne vit pas l'autre qui.
La lame entra par le côté. Profond.
Elle ne cria pas. Elle finit de le relever.
Puis ses genoux cédèrent — sans un son,
Elle lui sourit. Son collier brilla. Elle ferma les yeux.
Le Prince la vit tomber.
Il s'arrêta. Tout s'arrêta.
Il marcha vers elle. S'agenouilla dans la poussière.
Il ne dit rien. Il ne pleura pas.
Quand il rouvrit les yeux — fini le sourire.
Un calme si lourd, si froid, si total,
Que les soldats reculèrent, que les ennemis se figèrent,
Que les dragons dans le ciel tournèrent en rond.
Elle est tombée. Elle est tombée.
Pour un soldat. Pour un inconnu.
La Porte tient — mais à quel prix payé,
Elle est tombée. Elle n'est plus.
Il lâcha sa lame. Les torches s'éteignirent.
Les murs vibrèrent — l'air devint une prière.
Une lumière blanche et aveuglante vint.
Ce qui émergea n'était plus rien d'humain.
Un dragon blanc — antérieur à la terre,
Une colère aussi vieille que le premier matin.
Il n'y eut pas de combat.
Il y eut un massacre.
Les dragons fuirent. L'armée courut.
Personne ne parla. Personne ne cria victoire.
Juste le silence.
Et un dragon blanc dans le ciel
qui regardait ce qu'il avait fait.
Il redevint lui-même dans la lumière grise.
Il posa le collier dans sa main — la referma.
La promesse est tenue.
Il repartit à l'aube. Seul. Sans regarder en arrière.
La Porte de l'Aube tenait. Sylvane respirait.
Et quelque part dans les cités cachées,
Cinq princes regardaient la plaine vide.
Et ne souriaient plus.