Перейти к содержимому

CÔTE D’IVOIRE : OÙ SONT ENCORE PASSÉS LES MILLIARDS DU CACAO ?

Décrypter l'Afrique

0:00 / 0:00

CÔTE D’IVOIRE : OÙ SONT ENCORE PASSÉS LES MILLIARDS DU CACAO ?

7 792 просмотра · 4 часа назад
Décrypter l'Afrique
147 тыс. подписчиков
7 792 просмотра · 4 часа назад
Décrypter l’Afrique arrive à un moment critique. Sans plusieurs centaines de soutiens mensualisés, l’émission s’arrêtera. Soutenir l’indépendance : https://donorbox.org/decrypterlafrique http://decrypterlafrique.tikerama.com Pourquoi les planteurs ivoiriens ont-ils le sentiment de ne jamais profiter pleinement de l’argent du cacao ? La Côte d’Ivoire ouvre sa grande campagne cacaoyère 2026-2027 avec un prix minimum garanti de 1 200 FCFA le kilo. Un montant identique à celui de la petite campagne précédente, mais surtout en chute de plus de 57 % par rapport aux 2 800 FCFA annoncés pour la grande campagne 2025-2026. Une baisse qui provoque incompréhension et colère chez des producteurs confrontés à un travail difficile et à des coûts importants. Cette nouvelle campagne relance surtout une question fondamentale : le système ivoirien de stabilisation protège-t-il encore réellement les planteurs ? En théorie, lorsque les cours internationaux sont élevés, une partie des ressources doit alimenter des mécanismes permettant d’amortir les périodes difficiles. Mais après les dysfonctionnements de la campagne précédente — ralentissement des achats, accumulation des stocks et ventes parfois réalisées sous le prix officiellement garanti — une interrogation revient avec insistance : où est passé l’argent censé protéger les producteurs ? Pour Roland Kouakou, communicant, analyste politique et fils de planteur, le sentiment dominant dans les zones productrices est désormais celui de la « trahison » : les paysans ne bénéficieraient pas suffisamment des périodes de hausse, tout en subissant brutalement les baisses. Martial Kobri, expert en achat international de matières premières, décrypte quant à lui le mécanisme complexe des ventes anticipées, du prix CAF moyen et du fonds de réserve. Il défend le principe d’un système stabilisé, mais réclame moins d’intervention de l’État, davantage de transparence et une meilleure organisation des producteurs. Et c’est précisément la question de la transparence qui cristallise le débat. Combien le Conseil du Café-Cacao a-t-il réellement accumulé ? Quelles sont ses réserves ? Comment sont-elles utilisées ? Théophile Kouamouo dénonce l’opacité entourant ses comptes et va jusqu’à comparer son fonctionnement à celui d’une « caisse noire » — une accusation formulée dans le débat, qui pose directement la question du contrôle de milliards de FCFA issus de la filière. La nouvelle carte de producteur, censée notamment améliorer la traçabilité et lutter contre la contrebande, peut-elle remettre de l’ordre dans le secteur ? Ou risque-t-elle d’ajouter de la bureaucratie sans résoudre les problèmes fondamentaux ? Même sur ce point, les invités divergent. Prix à 1 200 FCFA, fonds de réserve, opacité du Conseil du Café-Cacao, colère des planteurs, rôle de l’État : qui profite réellement des milliards du cacao ivoirien ? Et faut-il désormais réformer en profondeur un système censé protéger les producteurs ? Pour en débattre dans Décrypter l’Afrique, nous recevons Martial Kobri, expert en achat international de matières premières, aux côtés de Roland Kouakou, communicant et analyste politique, et Théophile Kouamouo, journaliste à Décrypter l’Afrique.