CÔTE D'IVOIRE : SIXIÈME PONT, SOCOPRIM... LE JACKPOT DES PROCHES DE OUATTARA ?
Décrypter l'Afrique
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CÔTE D'IVOIRE : SIXIÈME PONT, SOCOPRIM... LE JACKPOT DES PROCHES DE OUATTARA ?
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Décrypter l’Afrique arrive à un moment critique.
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La Côte d’Ivoire s’apprête à lancer un nouveau chantier colossal : un sixième pont à Abidjan, pour un projet estimé à quelque 200 milliards de francs CFA. La SOCOPRIM, déjà concessionnaire du pont à péage Henri-Konan-Bédié, est donnée favorite face au groupe chinois CCECC. Mais derrière ce nouveau marché se pose une question essentielle : qui contrôle aujourd’hui cette entreprise et comment gagne-t-elle réellement de l’argent ?
Car le modèle économique de SOCOPRIM intrigue. Dans l’émission, Théophile Kouamouo revient sur l’histoire du troisième pont d’Abidjan et explique comment un partenariat public-privé initialement fondé sur les recettes du péage aurait évolué vers un système dans lequel l’État ivoirien compense financièrement une fréquentation inférieure aux prévisions. Selon les chiffres évoqués dans l’émission, 12 à 15 milliards de francs CFA seraient ainsi versés certaines années pour soutenir l’équilibre économique de la concession.
Mais une autre évolution attire désormais l’attention. Bouygues a cédé ses 19 % restants dans SOCOPRIM à Ivoire Infrastructures Routières (2IR), une jeune société ivoirienne créée en 2023. Parmi les personnes associées à cette entreprise figure Ahmadou Touré, neveu du président Alassane Ouattara et frère de Masséré Touré-Koné, secrétaire générale de la présidence.
Faut-il y voir une bonne nouvelle, celle du remplacement progressif des grands groupes étrangers par un capitalisme national ivoirien ? Ou assiste-t-on plutôt au passage d’un capitalisme de connivence dominé par des intérêts français à un système dans lequel les grands marchés et les rentes publiques bénéficient à des acteurs particulièrement bien connectés au sommet de l’État ? C’est l’une des questions centrales du débat.
Dans quelles conditions Bouygues a-t-il cédé ses parts ? Quelle transparence entoure ces opérations ? Pourquoi l’État continue-t-il à subventionner le modèle économique du troisième pont ? Le sixième pont reproduira-t-il le même système ? Et surtout : sommes-nous face à l’émergence de véritables champions nationaux ou à un capitalisme de connivence qui change simplement de bénéficiaires ?
Pour décrypter les dessous de cette affaire, Décrypter l’Afrique reçoit Taki Bouanzi, journaliste d’investigation à Enquête Média, aux côtés de Théophile Kouamouo, journaliste à DLA.