CHANSON D'AMOUR - final edit (remastered)
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CHANSON D'AMOUR - final edit (remastered)
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🙏🏻JJ Goldman|J Hallyday|Christophe|E Piaff|P Kass|F Cabrel|L Fabian|C François|J Brel|J
Le piano a bon dos,
La mélodie fait comme si,
Mais où trouver les mots ?
Comment est-ce qu’on dit je t’aime
Quand tant d’autres l’ont déjà fait
Esquiver les grandes déclarations
Ne pas céder au chant du poème
Alexandrins inséparables d'Alexandrie
La rime est souvent l’ennemie
À trop vouloir chercher les mots
On finit toujours par tourner autour
Alors tant pis pour la rime
Ce qui doit rimer c'est le sens
L'essence de mes mots
Mes mots en chanson
Quitte à passer pour un fou
Prisonnier de son requiem
À moins que ce ne soit
Un de ces fous de Bassan
Lui au moins gueule ce qu’il ressent
Moi je voudrais crier Je t'aime
Comme un roi sans couronne
Un soldat désarmé
Car tout semble avoir déjà été servi
Les départs, les retours, les insomnies
Les yeux, les larmes et puis la mort
Les toujours, les jamais, les encore
Il reste bien quelques mots d’amour
Mais quelqu’un est passé avant moi
Même aimer conjugué au futur
Ça a déjà été fait
Le vent dans tes cheveux défaits
Alors sache que je…
Non, décidément, je n’y arrive pas
Trois petits mots, rien qu’un phonème
Et déjà quelqu’un chante à ma place
Je pourrais te parler d’amour
Mais parler n’a jamais rien prouvé
Alors sache seulement qu’un jour
Je finirai par trouver.
On pourrait dire que notre rencontre
Était écrite quelque part.
Je me méfie de ces histoires
Qu’on réécrit toujours après coup
Ce n’était pas un coup de foudre
Encore moins l’amour au premier regard
Deux vies qui avaient à recoudre
Ce que d’autres avaient défait
On s’est parlé avant de s’aimer
Ça paraît presque démodé
On s’est confié nos champs de ruines
Sans chercher à y habiter
Puis il y eut tes larmes, mes bras
Ce jour où tout a vacillé
Et sur le seuil ce baiser-là
Qui n’osait même pas commencer
J’aurais pu te promettre la lune
Mais elle est déjà réservée
Je me serais convertit
pour enfin m'imaginer et croire
Que Dieu réunit ceux qui s'aiment
Te dire que je t’aimais à mourir,
Qu'ensemble on fasse toutes les guerres
Me risquer à devenir l'ombre de ton ombre
Savoir t'aimer sans mode d’emploi
Alors sache que je…
Cette fois, j’y étais presque.
Trois petits mots au bord des lèvres
Et ton baiser qui les arrête
À quoi bon te parler d’amour
Quand nos corps savent le traduire
Il suffisait peut-être, après tout
De ne surtout pas te le dire
Plus simplement le vivre
Ces allers-retours entre tes reins
Les dessous chics, à cette heure indécente
Ont manifestement déserté la vente
Et quand parler d’amour devient
théorique
On s’en remet à la pratique
Et si les histoires d’amour finissent mal
La nôtre est inclassable
En général
On s’aimait à contretemps
À contre-jour, à contre-courrant
Le jour cachés comme des enfants
La nuit occupés à nous répondre
À voix basse derrière une porte
Dans des matins beaucoup trop courts
Comme si braver quelques interdits
Pouvait nous mettre à l’abri du jour
Puis dehors, on a essayé,
Encore et encore
Plus de couloirs, plus de portes closes,
Plus personne pour nous surveiller.
Il fallait voir si sous le même toit
Ce qui nous liait tiendrait debout.
Presque trois années.
C’est peu.
C’est immense.
C’était nous.
Et puis un jour je suis venu te dire…
Je n’ai pas su m’en aller
Pas davantage te retenir
Il paraît qu’il faut savoir aimer ;
On devrait surtout apprendre à finir.
Toi, tu as continué ta route.
Moi, je suis resté dans la phrase,
À chercher le point de ponctuation.
Quand il n’y a plus rien après.
J’ai pensé : ne me quitte pas
Évidemment, c’était déjà pris
J’ai pensé : aime-moi encore
Quelqu’un l’avait déjà écrit
J’aurais pu jurer que sans toi
Le ciel s’écroulerait sur moi
À chaque fois, à chaque détour de mots,
Quelqu’un était passé avant moi
Alors sache que je…
Même aujourd’hui, je n’y arrive pas
Trois petits mots devenus trop lourds
Pour ce qu’il reste de toi et moi
Je pourrais te parler d’amour
Te demander de m’aimer encore
Mais à quoi bon chercher les mots
Qui ne marchent plus avec les tiens
Alors j’ai cherché encore,
Non plus comment te le dire
Mais pourquoi ce qui n’existe plus
S’obstine autant à ne pas finir
J’ai essayé tous les temps
Le passé, le présent, l’avenir
On peut conjuguer le verbe aimer
Moi, je ne sais toujours pas le finir
Alors j’ai rangé les grandes phrases
Les déclarations et les serments
Les toujours qui tiennent une saison
Les jamais qui durent trop longtemps
Il reste ce qui s’est passé
Tes larmes dans mes bras
Ce baiser sur le seuil
Nos nuits à voix basse
Le même toit
Presque trois années
Et ce que le temps
N’a manifestement pas su faire taire
J’aurais voulu une phrase neuve
Une seule
Qui ne doive rien à personne
J’ai cherché
Je n’ai pas trouvé
Après tout
Je ne voulais peut-être pas écrire
Une chanson d’amour
Je voulais seulement
Que tu reconnaisses la nôtre
Et puisqu’à force de chercher mes mots
Je les ai presque tous perd
Véro,
Il ne me reste que les mots bleus