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FACE À MOI - Radio Edit

LifeGPF

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FACE À MOI - Radio Edit

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Lyrics/Paroles LifeGPF Music & vocals : Suno enhanced by human Drôle d’endroit pour une rencontre. Un monde fermé, des portes, des règles, des clés, des silhouettes en blanc pour veiller sur des vies comme mises entre parenthèses. J’y survivais depuis des mois jusqu’au jour où le hasard t’a déposé face à moi. Je travaillais à mon livre, des chroniques de mon enfance, un village minuscule proche de l'océan, des souvenirs plein mon écran pour empêcher le temps de les dissoudre. On t’avait installée là pour déjeuner loin du grand bain. Tu as dit ton prénom. Je t'ai donnéi le mien. Rien ne faisait encore histoire, tout portait pourtant à le croire. Puis les noms sont revenus : la même école, le même collège, les mêmes profs, les mêmes voyages scolaires et vogue le ferry vers l’Angleterre. Deux années nous séparaient, presque rien à l’échelle d’une vie, mais assez pour que les quatrièmes ne croisent jamais les sixièmes. Notre rencontre allait à l’encontre de l’ordre des choses, des chemins qu’on nous impose. Notre rencontre, au doux parfum du hasard, s’est moquée de la montre comme s’il n’était jamais trop tard. Oui drôle d'endroit Enfin je crois. une clinique psy au nom fleuri, une halte, nos vies sur pause, car loin d'être toujours roses nous n’étions pas venus chercher l’amour. Nous arrivions cabossés, puzzles jetés au sol sans mode d’emploi. J’avais fait exploser mon foyer après presque trente années rangées, pour une promesse sans lendemain à laquelle j’avais voulu croire. Toi, tu sortais de seize ans d’ombre, d’un monde où l’on finit par douter de soi, tu revenais d’une nuit si profonde que certains matins n’en reviennent pas. Alors on a parlé. Longtemps. Sans séduction, sans stratégie. Confidents avant d’être amants, La foudre n’a pas frappé. J’ai pris le temps de te connaître, sans comprendre encore que tu comptais déjà pour moi. Notre rencontre ne courait pas contre la montre. Le hasard avait pris son temps, métronome de nos instants. Puis un soir, ton téléphone a laissé des éclats dans ta voix. Tu es tombée en pleurs dans mes bras, et mes bras ont appris le poids de tes maux. Je t’ai simplement tenue jusqu’à ce que la nuit cesse un peu de faire du bruit, jusqu’à ce que le silence devienne notre meilleur abri. Chaque soir, le même rituel : je te raccompagnais jusqu’à ta porte, un « bonne nuit » suspendu, et chacun regagnait son monde. Puis un soir, tu m’as attiré vers toi. Ma timidité est restée sur le seuil. Nos bouches ont pris le contrôle, nos gestes ont fini la phrase. Le jour, nous cachions notre histoire. La nuit, ta chambre s’en imprégnait. On faisait l’amour à voix basse, murmure tendre de désobéissance. Personne n’était vraiment dupe. On t’a même mise en garde : ici, l’amour semblait une erreur de trajectoire. Certains soignants distribuaient leurs vérités comme des ordonnances : « Deux Tercian, un verre d’eau, et circulez les sentiments. » Notre rencontre allait à l’encontre des prudences, des pronostics, des amours classées « à risque », à moins qu’on les classe X. Un feu de paille, nous disait-on. Nous, on apprenait simplement à durer au-delà de leurs prévisions. Deux jours séparaient nos sorties. Il fallait quitter la bulle, ouvrir les portes, voir si dehors on se reconnaissait. Quelques mois plus tard, un même toit : le réel, et l’amour à l’air libre. Presque trois ans vécus ensemble. Assez pour faire mentir ceux qui nous donnaient quelques mois. Pas assez pour empêcher la fin, mais assez pour savoir que notre parenthèse valait une histoire. Notre rencontre ne jouait plus contre la montre. Elle avait franchi les murs, les règlements, les murmures. Ce qu’on disait voué à finir avait appris dehors à vivre. Depuis, un autre homme partage tes nuits et ton absence assombrit les miennes. Mais il reste une chose que la séparation ne peut reprendre. Ni les années. Ni l’absence. Ni personne. Parce que je t’ai rencontrée. Pas croisée. Pas remarquée. Rencontrée. Face à moi, ce jour-là, alors plongé dans mon enfance, sans savoir que la tienne dormait déjà entre mes lignes. Tes yeux vert-noisette, une louche de tristesse au fond, ont tiré les miens de mes pages. On ne savait presque rien l’un de l’autre. Pas de stratégie. Pas de conquête. Pas de filet jeté dans l’eau. Seulement deux vies que le temps avait tenues à distance avant de les asseoir, enfin, l’une face à l’autre. Et aujourd’hui encore, même après nous, même après tout, j’ai cette certitude : lui t’a trouvée, peut-être. Moi, j’ai eu la chance de te rencontrer. Monsieur Parfait peut polir son récit, lustrer son masque jusqu’au déni, réécrire l’histoire jusqu’à y croire. Mais il lui manquera toujours ce premier regard sans calcul, ce hasard qui ne demandait rien, ce jour où tu étais simplement… face à moi. Et moi, face à toi. Car c’est là, je crois, que je t’ai vraiment rencontrée.