MALI, CÔTE D’IVOIRE, RDC… : L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE MENACE-T-ELLE LA SOUVERAINETÉ DE L’AFRIQUE ?
Décrypter l'Afrique и Roland Kouakou
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MALI, CÔTE D’IVOIRE, RDC… : L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE MENACE-T-ELLE LA SOUVERAINETÉ DE L’AFRIQUE ?
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Faux médias, campagnes d’influence, surveillance des télécommunications : jusqu’où l’intelligence artificielle peut-elle être utilisée contre les libertés publiques en Afrique ? Dans un rapport consacré aux usages malveillants de Claude, l’entreprise américaine Anthropic décrit plusieurs opérations concernant la RDC, la Centrafrique, le Kenya, le Soudan et le Mali. Le cas malien soulève une question particulière : selon Anthropic, un consultant présenté comme lié aux services de renseignement aurait utilisé Claude pour concevoir une plateforme de surveillance des télécommunications couvrant quelque 25 millions de cartes SIM. L’entreprise affirme avoir fermé le compte concerné, mais indique que la plateforme continuerait de fonctionner.
Dans cette première partie de Décrypter l’Afrique, nous recevons Roland Kouakou, communicant et analyste politique, et Fabrice Epelboin, entrepreneur et expert en géopolitique du numérique. Que sait-on des acteurs derrière les opérations décrites par Anthropic ? Pourquoi l’entreprise publie-t-elle ces révélations maintenant ? Et comment distinguer les risques documentés des discours alarmistes qui accompagnent la course à l’intelligence artificielle ?
Nos invités replacent ces révélations dans la rivalité économique et technologique entre les entreprises américaines et les modèles d’IA chinois ouverts. Ils débattent du coût de développement de ces technologies, des intérêts en jeu dans leur régulation et de la place laissée aux pays africains. Comment protéger les citoyens contre la désinformation et la surveillance abusive lorsque les États ne maîtrisent ni les outils, ni toujours les données qu’ils exploitent ? Une réponse commune à l’échelle africaine est-elle envisageable ?
Nous revenons également sur le partenariat stratégique signé entre la Côte d’Ivoire et Mistral AI. À ce stade, la mission annoncée porte d’abord sur un audit de l’écosystème ivoirien de l’intelligence artificielle et la préparation d’une feuille de route. Mais plusieurs questions restent ouvertes dans les informations publiques évoquées au cours de l’émission : combien coûtera cette coopération ? Où seront hébergées les données ? Qui détiendra les solutions développées ? Et l’État ivoirien pourra-t-il changer de prestataire sans perdre la maîtrise de ses outils ?
Pourquoi faire appel à une entreprise étrangère pour cet audit alors que la Côte d’Ivoire dispose d’ingénieurs et de structures nationales spécialisées ? Roland Kouakou et Fabrice Epelboin confrontent leurs analyses sur le rôle que pourraient jouer les compétences locales, les centres de données et les logiciels ouverts dans la construction d’une autonomie technologique africaine.
Entre opportunités de développement et risques pour les libertés, qui décidera de la manière dont l’intelligence artificielle sera utilisée en Afrique ?
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