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Moulins et meuniers dans le Bourbonnais aux XVIIe et XVIIIe siècles

Richard Dujon

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Moulins et meuniers dans le Bourbonnais aux XVIIe et XVIIIe siècles

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Richard Dujon
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Les moulins et les meuniers dans le Bourbonnais aux XVIIe et XVIIIe siècles. Idée centrale : Le moulin est un nœud essentiel de la vie rurale bourbonnaise. Le meunier, artisan modeste vivant au bord de l'eau, est pourtant respecté parce qu'il transforme le grain en farine — un pouvoir vital dans une société hantée par la disette. Le moulin est à la fois un lieu de travail, de pouvoir seigneurial, de sociabilité et de conflits. Les quatre axes principaux Géographie et types de moulins — Les moulins se concentrent le long des rivières (la Sichon en comptait 38, dont 16 à Cusset). Moulins à farine, à huile, à chanvre. Beaucoup sont des « moulins banaux » imposant aux paysans de venir moudre moyennant redevance. La condition du meunier — Vie modeste, exploitation familiale et locative. Les baux imposent l'entretien des roues et des meules. Le meunier est respecté pour sa fonction nourricière, malgré sa pauvreté. L'eau, source de conflits — Procès permanents entre meuniers d'amont et d'aval : retenir l'eau prive le voisin. S'ajoutent gel, crues, sécheresses. Au XVIIIe siècle, l'administration impose des « règlements d'eau ». Le moulin, lieu social et en transformation — Lieu de rencontre où circulent nouvelles et commérages. Certains moulins évoluent vers la papeterie ou l'industrie au XIXe siècle. Conclusion Les moulins du Bourbonnais forment une pièce maîtresse de l'économie d'Ancien Régime. Leur densité témoigne de l'exploitation intense de l'énergie hydraulique ; la modestie du meunier coexiste avec le respect dû à sa fonction ; les conflits d'eau révèlent la tension autour du partage d'une ressource vitale. Lieu de pouvoir, de travail et de sociabilité, le moulin préfigure par sa lente mutation l'industrialisation de la meunerie.