Comment Samory Touré a-t-il résisté 16 ans à l’armée française ?
Sankofa Histoires
0:00 / 0:00
Comment Samory Touré a-t-il résisté 16 ans à l’armée française ?
44 просмотра · 11 ч назад
Sankofa Histoires
498 подписчиков
44 просмотра · 11 ч назад
Au nord de la Côte d'Ivoire, Kong était une capitale : des marchands, des lettrés, des écoles coraniques. En mai 1897, Samory Touré l'a rasée. Deux ans plus tôt, il lui avait accordé ce qu'il n'accordait à personne : aucun tribut, aucune garnison, du bétail en cadeau à chaque Tabaski.
Ce film raconte l'Almamy Samory Touré sans en faire ni un tyran ni un saint. L'État qu'il a bâti, l'armée de métier où l'on montait par la bravoure et non par la naissance, la manufacture d'armes où chaque forgeron façonnait une seule pièce, toujours la même — des pièces interchangeables, en Afrique de l'Ouest, dans les années 1890. Seize ans de guerre contre l'armée française. Et le prix payé par Kong, par les captifs vendus près de Bouaké, par ceux qui se sont révoltés à l'intérieur de son propre empire.
Nous avons lu cinq auteurs africains et un Européen. Nous disons, chaque fois, d'où nous tenons ce que nous racontons — et nous disons aussi ce que les sources ne savent pas.
LES SOURCES
▪ Ibrahima Khalil FOFANA, « L'Almami Samori Touré. Empereur. Récit historique », Présence Africaine, Paris-Dakar, 1998, 133 p. Historien guinéen, quatorze informateurs nommés rencontrés entre 1954 et 1996 — dont un ancien armurier de Samory. Texte intégral en accès libre sur WebMandé.
▪ Djiguiba CAMARA (v. 1885-1963), « Essai d'histoire locale », tapuscrit rédigé entre 1928 et 1955, édité par Elara Bertho et Marie Rodet, Brill, 2020, en accès libre. Son père siégeait au conseil de Samory.
▪ M'Baye GUEYE et Albert Adu BOAHEN, « Initiatives et résistances africaines en Afrique occidentale de 1880 à 1914 », chapitre 6 de « Histoire générale de l'Afrique », volume VII, UNESCO. Téléchargeable gratuitement.
▪ Demba SIDIBÉ, « L'héritage de Samory Touré dans l'histoire militaire », African Security Sector Network, mai 2024.
▪ Sekre Alphonse GBODJE, « Le marché d'esclaves de Kotia Kofikro, 1893-1898 », Revue Ivoirienne d'Histoire, n° 17, 2010 — et Niamkey Georges KODJO, « Le royaume de Kong (Côte d'Ivoire) des origines à la fin du XIXe siècle », L'Harmattan, 2006. Deux historiens ivoiriens que nous n'avons pas pu lire en entier : nous le disons dans le film.
▪ Yves PERSON, « Samori : une révolution dyula », 3 volumes, Mémoires de l'IFAN n° 80, Dakar, 1968-1975. Le tome 2 est numérisé sur Gallica, le tome 1 sur WebMandé.
CE QUE NOUS N'AVONS PAS MIS DANS LE FILM, ET QUI MÉRITE D'ÊTRE SU
▪ Djiguiba Camara, historien guinéen, a remis ses cent dix pages à Yves Person, qui en a tiré l'ouvrage de référence mondial sur Samory. Person le tenait pour un témoin « particulièrement sûr » — et le citait comme informateur numéro cinq. Pas comme auteur. Son manuscrit a été retrouvé des décennies plus tard dans les archives personnelles de Person, et publié seulement en 2020 ; ses éditrices écrivent que le crédit ne lui a jamais été donné.
▪ Ousmane Sembène avait écrit, vers 1980, un film sur Samory — deux fois trois heures, avec une version télévisée. Il n'a jamais été tourné, faute de moyens. Un studio d'Abidjan en a fait un long métrage d'animation, « Samory », réalisé par Abel Kouamé, sorti en 2022.
▪ Nous n'avons pas employé le chiffre de « 300 à 400 fusils par mois » qui circule : Person, qui a enquêté sur les ateliers, estime la production à deux fusils par jour. Nous n'avons pas dit que les forgerons copiaient le Chassepot : Person écrit que Samory voulait au contraire s'en débarrasser.
CE QUE LES SOURCES NE SAVENT PAS
▪ Sa date de naissance. Person calcule « les approches de 1830 » ; les Européens de l'époque le croyaient plus jeune, et il juge leurs estimations arbitraires.
▪ Son village natal : Manyambaladougou chez Person, Sanankoro chez Fofana.
▪ Son père : un notable riche en bœufs chez Person, « un obscur tisserand » chez Fofana.
▪ Le prix de la libération de sa mère : sept captifs à livrer selon Person ; sept mesures d'or et sept esclaves selon Sidibé ; aucune rançon selon Fofana, chez qui le fils se donne à la place de sa mère et repart sept ans plus tard avec sept vaches. Le chiffre sept dans les trois versions.
▪ La date exacte de la destruction de Kong : le 15 mai, le 18 mai, le 23 mai ou le début juin 1897 selon les sources.
Reconstitution : les scènes et les visages de ce film sont imaginés, à l'exception de la photographie d'archive, signalée à l'écran (Henri Gaden, domaine public).
#SamoryToure #Kong #CotedIvoire #HistoireAfricaine #Guinee
CHAPITRES
0:00 Kong, une ville rasée
1:22 Les routes de la cola
1:44 L'enfant du colporteur
2:53 Trois versions d'une rançon
3:34 Pourquoi il a bâti un empire
4:23 Une armée où l'on montait par la bravoure
5:02 Les forges : deux fusils par jour
6:31 Les traités, et Londres contre Paris
7:57 Ce que sa puissance a coûté
9:42 L'exode, puis Kong : la faveur et la ruine
12:01 La capture, à l'aube
12:21 La photographie du vainqueur
12:49 Ce qu'il en reste
13:29 Le Coran, aux Invalides
13:50 Une question aux gens de Kong