12 lecteurs CD LÉGENDAIRES que tu n'as JAMAIS vus et que la mémoire flash a fait disparaître
Décibel
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12 lecteurs CD LÉGENDAIRES que tu n'as JAMAIS vus et que la mémoire flash a fait disparaître
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Décibel
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Automne 1984, quelque part dans un laboratoire de Tokyo. Un ingénieur pose sur la table une boîte noire épaisse comme quatre pochettes de disque empilées, et soulève le couvercle. Fabriquer cet objet coûte à la maison environ 100 000 yens l'unité. Il sera vendu 49 800. Sony perd donc de l'argent sur chaque exemplaire, volontairement, parce qu'il ne s'agit pas de vendre une machine mais d'ouvrir une catégorie entière. Vingt ans plus tard, cette catégorie n'existera plus du tout.
On répète souvent que le baladeur CD est mort à cause du téléphone. C'est très en retard sur ce qui s'est réellement passé. Ce qui a tué ces appareils, c'est un composant sans la moindre pièce en mouvement : la mémoire flash. Un marché qui n'existait pratiquement pas dix ans plus tôt, plus de 14 milliards de dollars en 2006, 43 milliards attendus pour 2010 selon le cabinet Semico. Plus solide qu'un disque dur, environ 30 % moins gourmand en énergie, et moins cher chaque année. Dès 2004, la presse économique française rangeait déjà les lecteurs de CD portables au rang d'objets de musée.
Dans cette vidéo, on descend le classement du douzième au premier. Tu vas croiser deux marques vendues en France et complètement oubliées depuis, qui promettaient dix heures de musique sur un seul disque gravé à la maison et qui ont été balayées en une saison. Un appareil équipé de 400 secondes de mémoire antichoc, pour compenser un défaut que son concurrent, lui, n'avait tout simplement pas. Une marque américaine née en 1961 dans la Silicon Valley, celle de la publicité où la voix d'Ella Fitzgerald fait exploser un verre, et qui a fini par gagner sa vie en vendant les deux objets qui ont tué son propre lecteur. Un Discman dont la télécommande au bout d'un fil est l'ancêtre direct du bouton que tu as aujourd'hui sur le câble de tes écouteurs. Un lecteur portable dont le couvercle servait de cadran de radio, et dont le câble du casque servait d'antenne.
Et il y a surtout cette machine qui a exactement la silhouette d'un baladeur : le petit écran en façade, la prise casque sur la tranche, la molette de volume. Sauf qu'elle n'a jamais servi à écouter de la musique en marchant, et que ce qu'elle avait à l'arrière du boîtier n'avait rien à faire dans la poche de qui que ce soit. Je ne te dis pas tout de suite laquelle c'est.
Sur certaines dates, les sources se contredisent, et je te le dis dans la vidéo au lieu de choisir celle qui m'arrange. Les prix, les années et les caractéristiques viennent des archives de la gamme, des tests d'époque et des bases de collectionneurs, pas de la mémoire.
Tout au bout du classement, il y a la boîte noire de Tokyo. Le tout premier lecteur de disque compact portable du monde, dont le nom officiel au lancement n'était même pas celui que la France a fini par employer comme un nom commun, sur des machines qui n'étaient même pas de cette marque.
Si tu en as eu un, si tu as vidé tes piles dans le bus, ou si tu découvres tout ça aujourd'hui, dis-moi en commentaire ce que tu en penses : est-ce qu'on regrette vraiment ces machines, ou est-ce qu'on romance simplement sa propre jeunesse ? Abonne-toi si les vieilles marques d'électronique et leurs histoires de chute t'intéressent, il y en a d'autres qui arrivent.