La Grande saignée : pourquoi 900 000 Canadiens français ont quitté le Québec
Questions d'actualité au 91,3 FM
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La Grande saignée : pourquoi 900 000 Canadiens français ont quitté le Québec
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🏭🇺🇸 Entre 1840 et 1930, environ 900 000 Canadiens français ont quitté le Québec pour les États-Unis. On a longtemps cru que c'était la misère qui les chassait. Un économiste de l'Université George Mason démontre que c'est tout le contraire : le Québec était en pleine croissance — les États-Unis l'étaient juste encore plus.
Vincent Geloso, professeur associé d'économie à l'Université George Mason (Virginie), auteur de Rethinking Canadian Economic Growth (Palgrave Macmillan) et Du grand rattrapage au déclin tranquille (Accent Grave), bouscule le récit national avec les données à l'appui.
Dans cette entrevue rigoureuse et éclairante, il démontre que la thèse du surpeuplement agricole et de l'appauvrissement ne résiste pas aux archives — les terres colonisées de longue date étaient les plus productives, pourquoi le Québec connaissait une croissance historiquement exceptionnelle (0,4 à 0,7 % par an) — mais que les États-Unis, partant d'un niveau déjà plus élevé, agissaient comme un aimant, le rattrapage oublié du Québec sur l'Ontario avant la Confédération, comment le quasi-monopole de l'Église sur l'éducation a favorisé la survie culturelle au prix d'un lourd déficit de capital humain, et une thèse qui renverse tout : la loi 101 serait le résultat d'un rattrapage économique des francophones — pas sa cause — puisque l'écart salarial entre jeunes francophones et anglophones avait déjà disparu vers 1970, grâce à la loi sur l'instruction obligatoire de 1943.
Et une projection sur aujourd'hui : l'écart de productivité Canada–États-Unis se creuse à nouveau — mais les barrières migratoires américaines rendent improbable une nouvelle saignée.
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