On y reviendra (Episode 7) : Microfilms feat. Emmanuel Burdeau
Microciné Revue de cinéma et de télévision
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On y reviendra (Episode 7) : Microfilms feat. Emmanuel Burdeau
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Nous avons parlé d’une voix, d’un temps, d’une radio, comme on feuillette un carnet griffonné de l’intérieur.
Ce septième épisode d’On y reviendra s’est ouvert avec Emmanuel Burdeau, non dans la défense d’une émission oubliée, mais dans l’intuition qu’il y avait là, dans Microfilms — cette série radiophonique de Serge Daney entre 1985 et 1990 — quelque chose qui disait plus que le cinéma, plus que la critique : une manière de parler au monde.
Nous avons parlé d’une émission qui refusait les formats, les génuflexions. Chaque dimanche, à 18h, une heure de dialogue, pas d’animateur, pas de chronique, peu de préparation, et une règle : l’invité — qu’il s’appelât Rivette, Pialat, Birkin ou Demy — n’était jamais au centre. Il était là, dans un échange, presque un prétexte pour tracer, en creux, les obsessions d’un homme et d’une époque. La télévision, la publicité, Hawks et Ford, les gestes réduits et les émotions pleines, la peur de résumer.
Nous avons parlé du ton. De cette manière si singulière qu’avait Daney de parler longuement sans hausser la voix, sans chercher à convaincre, mais toujours à poursuivre, à avancer, à traverser le cinéma comme on traverse une ville — vite, mais en regardant tout. Une voix qui ne concluait pas, qui ouvrait. Un discours de marcheur, disait Burdeau, rapide, continu, presque sans souffle.
Et puis, il y eut la fin. L’émission s’arrête en 1990, brutalement, à l’annonce de la maladie. Daney ne dira rien publiquement. Il se retire. Mais il écrit encore, fonde Trafic, sa seule décision vraiment sienne, dit-il. Une revue qu’il ne verra vivre que deux numéros. Nous avons parlé de cela aussi : de la dignité d’un départ, de ce que c’est que continuer en sachant que le temps est compté.
Enfin, nous avons évoqué ce qui demeure. Les archives retrouvées, les voix préservées, l’ombre de Daney qui plane sur tant d’émissions, tant de textes, tant de regards. Ce n’est pas un modèle, ni une leçon. C’est un fantôme actif. Une manière de poser la question, chaque semaine, chaque film : « Où en sommes-nous ? »
Nous avons parlé de cela :
D’un micro tendu entre deux époques.
Et d’un critique qui, à travers la radio, nous apprenait à entendre, plutôt qu’à écouter.