Comment éviter de réactiver le trauma chez l’enfant ? / Colloque - 8ème édition
Association CDP-Enfance
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Comment éviter de réactiver le trauma chez l’enfant ? / Colloque - 8ème édition
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Dans cette intervention, Sandra Hernández Cussigh, forte d’un parcours mêlant divers expérience ( périscolaire, recherche en neurobiologie, protection de l’enfance et formation des professionnels ) aborde une question centrale , comment éviter de réactiver le trauma chez l’enfant et garantir une protection réelle, cohérente et continue ?
Elle rappelle que le méta‑besoin de sécurité est le socle de tout :
c’est lui qui permet à l’enfant d’explorer, d’apprendre, de se réguler,
c’est lui qui fonde l’attachement, non pas comme un sentiment, mais comme un mécanisme de survie,
c’est lui qui conditionne la capacité à intégrer les règles, à se développer, à s’identifier, à ne plus avoir peur.
Sandra montre comment, dans la réalité institutionnelle, ce besoin fondamental est trop souvent ignoré :
auditions inadaptées, confrontations répétées, absence de salles Mélanie,
enfants sommés de “réexpliquer”, “affronter”, “justifier”,
professionnels démunis face à des comportements agressifs ou inhibés qu’ils interprètent mal,
méconnaissance massive des mécanismes d’attachement, de régulation émotionnelle et des effets du trauma.
Elle insiste sur un point clé, l’attachement est évolutif.
Un enfant maltraité peut se reconstruire si l’environnement change immédiatement, si les adultes régulent, nomment, apaisent, comprennent.
À l’inverse, maintenir un enfant dans un lien insécure, c’est condamner son développement, ses apprentissages, son rapport au monde.
Sandra appelle à une culture commune de protection, fondée sur :
la reconnaissance du trauma,
l’identification des signes (hypervigilance, agressivité, retrait, inhibition),
des réponses coordonnées entre éducation, santé, justice, social,
des services efficaces et bientraitants,
la résistance à toute forme de violence institutionnelle qui réactive le trauma.
Elle rappelle enfin que les connaissances scientifiques sont là, qu’elles avancent vite, et qu’elles doivent guider les décisions.
Les travaux récents montrent qu’un accompagnement parental bien construit peut modifier l’expression de facteurs de croissance neuronale en un an : la preuve que les adultes ont un pouvoir immense pour réparer — ou pour détruire.
Cette intervention est un appel clair, protéger un enfant, c’est d’abord protéger son cerveau, son attachement, sa sécurité. Et cela dépend de nous tous.