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Comment on a laissé mourir Jouef, le train électrique de notre enfance

Cheryl

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Comment on a laissé mourir Jouef, le train électrique de notre enfance

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Cheryl
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Au pied du sapin, il y avait parfois une grande boîte, lourde, et vous saviez à son poids que ce n'était pas un jouet ordinaire. Dedans, une locomotive, des wagons, un ovale de rails et un transformateur. Le premier circuit sur le tapis du salon, l'odeur du transformateur chaud. Et sur la boîte, quatre lettres. Jouef. Jouef, c'était le premier fabricant de trains électriques que la France ait connu. Une usine de Champagnole, dans le Jura, qui faisait travailler environ mille deux cents personnes, près d'un habitant sur dix de toute la ville. C'est Jouef qui a rendu le train électrique assez bon marché pour presque chaque famille, grâce au coffret complet sous le sapin. Et pourtant, aujourd'hui, plus un seul train Jouef n'est fabriqué en France. Cette vidéo raconte comment on a laissé mourir le premier train électrique français. Georges Huard et l'atelier de Champagnole en mille neuf cent quarante-quatre, le nom né de deux mots, le jouet français, les premiers jouets de tôle. Puis le coup de génie du milieu des années cinquante, le HO bon marché et le coffret qui met un train complet dans une seule boîte. La domination du marché au début des années soixante-dix. Et ensuite, le long manège des propriétaires. La vente au Crédit Lyonnais en mille neuf cent soixante-douze, les licenciements dès mille neuf cent soixante-dix-sept, le groupe liquidé en mille neuf cent quatre-vingt-un, le passage chez CEJI puis chez l'italien Lima. La fermeture de l'usine de Champagnole annoncée le premier juin deux mille un, la faillite de Lima en deux mille quatre, le rachat par l'anglais Hornby, et la fabrication partie en Chine. Ce n'est pas le jeu vidéo qui a tué Jouef. C'est une entreprise que l'on a laissée passer de main en main, d'un propriétaire à l'autre, jusqu'à ce qu'elle finisse par quitter le pays. Et puisque nous parlons du coffre à jouets de toute une génération, la petite voiture pour les uns, la poupée pour les autres, le train pour d'autres encore, regardez nos films sur Majorette, la petite voiture de métal, et sur Bella, la dernière poupée française, elles aussi parties se faire fabriquer ailleurs. TAGS: Jouef, train électrique Jouef, train miniature, Champagnole, Jura, Georges Huard, échelle HO, coffret train, jouet français, jouet vintage, modélisme ferroviaire, marque française disparue, histoire industrielle française, Trente Glorieuses, Crédit Lyonnais, CEJI Joustra, Lima, Hornby, made in France, nostalgie années soixante-dix, train sous le sapin, délocalisation, Majorette, Bella