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“Un parfum de guerre civile” : Christian Rioux sur les émeutes en France

Questions d'actualité au 91,3 FM

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“Un parfum de guerre civile” : Christian Rioux sur les émeutes en France

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🇫🇷 « Un parfum de guerre civile. » Des mairies incendiées, des commerces pillés, plus de mille policiers blessés. Un correspondant à Paris explique pourquoi ce qui secoue la France depuis une semaine ne ressemble à aucun mouvement étudiant connu. Entretien avec Christian Rioux, journaliste, auteur et chroniqueur basé à Paris pour le Journal de Montréal. Il commence par une mise au point : non, la France n’est pas à feu et à sang. Les touristes circulent, la vie suit son cours. Mais dans les centres-villes d’un grand nombre de grandes villes, les scènes de samedi ont stupéfié jusqu’aux observateurs les plus aguerris — toutes les chaînes d’information répétaient la même phrase ce soir-là : on n’a jamais vu ça. Sa lecture tient en une hypothèse : le croisement de deux mouvements distincts. D’un côté une explosion partie des banlieues, spontanée, qui s’apparente bien davantage aux émeutes de 2023 qu’à une mobilisation lycéenne. De l’autre une mouvance radicale d’extrême gauche qui s’y est greffée — La France insoumise ayant envoyé députés et militants mégaphone en main —, à quoi s’ajoutent probablement des organisations islamistes très implantées dans les quartiers, même s’il refuse d’y voir un complot organisé et réclame une enquête avant toute affirmation. Au fil de l’entretien : pourquoi la filiation avec Mai 68 ne tient pas — personne ne réclame une libéralisation des mœurs, et le contexte pousserait plutôt en sens inverse ; ce qui distingue cette flambée de 2023, à savoir son déplacement des banlieues vers les centres-villes, avec la mairie de Limoges incendiée ; l’absence de revendications négociables, là où les mouvements précédents, du CPE au SMIC jeune, avaient un objet précis qui s’est discuté à Matignon ; le cas du lycée Paul-Éluard, dont l’état déplorable est réel mais dont la rénovation est engagée depuis l’été dernier pour 45 millions d’euros, et le rappel que la France dépense de 24 à 28 % de plus que la moyenne de l’OCDE en éducation — « peut-être qu’elle dépense mal, c’est possible » ; la pénurie d’enseignants remplaçants, qu’il juge d’ailleurs pire au Québec qu’en France ; l’inversion inquiétante du rapport de force, avec près d’un millier de policiers blessés et des pompiers attaqués en intervention ; et l’absence remarquée d’Emmanuel Macron, au concert la veille de la mobilisation, au Qatar le lendemain de son allocution. Sur la présidentielle, à six mois de l’échéance : Marine Le Pen dépasse les 34 % au premier tour, une avance qu’il compare à celle de Mitterrand, pendant que Jean-Luc Mélenchon remonte au point de pouvoir se qualifier. Mais il rappelle l’exemple de François Fillon — une présidentielle ne s’écrit jamais d’avance. Son inquiétude de fond n’est pourtant ni électorale ni conjoncturelle. Elle tient au monopole de la violence légitime : si des commerçants ruinés en viennent un jour à s’armer, la tradition jacobine française aura cédé. ⚠️ Les analyses exprimées sont celles de l’invité. 👉 Abonnez-vous pour ne manquer aucune de nos analyses et entrevues.