« Paris tombera dans trois jours » — Comment 600 taxis ont porté l'infanterie au front
Adrien-Marcel Lefebvre
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« Paris tombera dans trois jours » — Comment 600 taxis ont porté l'infanterie au front
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Adrien-Marcel Lefebvre
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Le 6 septembre 1914 à 22 heures, 350 taxis quittent l'esplanade des Invalides, cinq fantassins par voiture, les compteurs en marche. Une heure plus tard, 250 autres partent du même trottoir. Les Allemands sont à 40 km de Paris, le gouvernement est à Bordeaux depuis quatre jours, et la VIe armée du général Maunoury manque d'hommes sur l'Ourcq.
L'état-major avait calculé qu'il fallait 1 200 voitures pour porter une division de 6 000 hommes. La préfecture de police en rassemble 630. Elles emportent 3 000 fantassins des 103e et 104e régiments d'infanterie sur une cinquantaine de kilomètres, à 25 km/h, jusqu'à Silly-le-Long et Nanteuil-le-Haudouin, dans la nuit du 6 au 7 septembre.
Ces 3 000 hommes n'ont pas décidé la bataille de la Marne : moins d'une demi-division dans une bataille qui a engagé plus de deux millions de soldats entre Paris et Verdun. Ce qui a arrêté l'armée allemande devant Paris, c'est une armée en retraite depuis trois semaines qui s'est retournée le 6 septembre, l'attaque de Maunoury sur le flanc découvert de von Kluck, et la brèche de 50 km dans laquelle sont entrés les Britanniques et la Ve armée de Franchet d'Espèrey.
Von Kluck l'a reconnu après la guerre : que des hommes ayant reculé pendant dix jours puissent reprendre leur fusil et attaquer, son état-major n'y avait jamais compté.
Le 13 septembre, les Allemands étaient derrière l'Aisne. La ligne n'a plus bougé pendant quatre ans.
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