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LA PLUS GRANDE ROTONDE FERROVIAIRE DE FRANCE, TRAINS ET LOCOMOTIVES, UN SIÈCLE DE MÉMOIRE

RAILsIMAGES trains

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LA PLUS GRANDE ROTONDE FERROVIAIRE DE FRANCE, TRAINS ET LOCOMOTIVES, UN SIÈCLE DE MÉMOIRE

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• Elle est à Chambéry, ce que la tour Eiffel est à Paris. La plus grande rotonde ferroviaire de France, construite il y a plus de 100 ans, est la seule toujours en activité. Classée monument historique, avec son immense coupole lumineuse et son pont tournant relié à 36 voies, elle impressionne par ses dimensions et son architecture. • "Vous êtes ici dans la plus grande rotonde fermée de France, et la seule qui soit encore en activité. Ses dimensions : une surface de 9500 mètres carrés, une toiture de 15 000 mètres carrés, et le diamètre de la coupole est de 110 mètres, récite volontiers le guide devant ces visiteurs du jour : rien que des locaux, un peu perdus dans un lieu qu'ils étaient loin d'imaginer aussi vaste. Les visiteurs sont toujours surpris par l'immensité de l'espace une fois à l'intérieur de la rotonde • Une tour Eiffel... sans Eiffel. C'est pourtant le seul patrimoine industriel historique de Chambéry qui reste visitable. Souvent, on peut lire dans des dépliants ou des revues touristiques que c'est une construction de type Eiffel, précise-t-il. "En fait, ce sont des ingénieurs du début du XXe siècle qui ont repris certaines des techniques employées par Eiffel pour construire sa tour : son système de croisillons, de triangulation ou d'articulation qui vont permettre à la construction de suivre les oscillations de sa lourde charpente métallique. Une "salle de bal" pour les trains de la "Belle Époque" • Construite en seulement quatre ans, entre 1906 et 1910, ce sont encore les contraintes du charbon et l'obligation d'évacuer les fumées générées par sa combustion, qui expliquent certains choix des architectes. Celui, par exemple, d'élever jusqu'à 27 mètres de hauteur (et même 34 mètres pour le lanterneau) le toit de la rotonde. • Regardez, voici un train qui va entrer sur le pont tournant". Les yeux des visiteurs du jour se tournent alors vers une scène qui se répète invariablement depuis plus d'un siècle. Comme leurs prédécesseurs de la "Belle Époque", les TER ou les Ouigo d'aujourd'hui entament le même ballet, une fois entrés sous la grande coupole lumineuse de la rotonde. À partir de là, c'est comme au casino. Vous avez une chance sur 36 pour deviner la voie sur laquelle il va s'engager, • C'est qu'une fois sur la grande plate-forme centrale, une valse tournante dirige lentement les locomotives vers l'une des 36 voies "rayonnantes" qui strient le parterre de la grande bâtisse. Non plus pour permettre à la locomotive de repartir dans l'autre sens, mais pour la diriger vers l'un des ateliers de maintenance qui jouxtent la grande rotonde. En 1976, un contrôle de la charpente métallique met en évidence de très graves détériorations liées au défaut d'entretien de la toiture. Les ardoises qui datent de l'après guerre sont devenues poreuses. La pluie s'infiltre de partout et attaque la charpente. Sur le bureau des responsables de la SNCF de l'époque deux devis. Un pour la démolition, c'est en gros un peu moins de l'équivalent actuel d'1 million d'euros, l'autre pour les réparations : un peu plus de 3 millions et demi d'euros. La rotonde obtient son classement à l'inventaire des monuments historiques, mais n'est pas totalement sauvée pour autant. Une très mauvaise surprise attend les agents d'entretien qui y travaillent. Un matin de 1996, ils découvrent deux mètres carrés de la toiture, tombés sur le toit d'une locomotive en stationnement. La question se pose sérieusement de savoir si la coupole résistera à la pression exercée par la neige qui ne manquera pas de tomber l'hiver suivant. Des travaux urgents doivent être entrepris. On recherche une entreprise de construction métallique maîtrisant la technique du rivetage, et on découvre qu'il n'y en a plus en France. Heureusement, la SNCF dispose encore d'équipes en charge de l'entretien des ponts métalliques sur son réseau, qui ont se savoir faire. C'est l'une d'entre elles qui interviendra sur la rotonde, et la sauvera de nouveau provisoirement. Jusqu'alors, c'est la SNCF qui assume l'intégralité des coûts qui ne cessent de s'accumuler. C'est alors que son directeur régional de l'époque à l'idée d'organiser une grosse opération de communication. La rotonde est vidée de ces locomotives, le courant est coupé, une scène est installée sur le pont tournant. Un concert auxquels sont conviés de nombreux décideurs locaux et nationaux est organisé. L'objectif, réaliser un film pour présenter la rotonde, et l'intérêt de sa préservation. Moins d'une semaine plus tard, des discussions sur la répartition des financements pour y parvenir sont enfin relancées. La ville de Chambéry s'y engage, le Ministère des transports verse une première subvention à la SNCF, la communauté de commune rejoint les premiers contributeurs, et les travaux salvateurs peuvent s'engager. Ils seront totalement achevé en 2011.