JR26 | Mesure du niveau marin par réflectométrie interférométrique GNSS
Shom
0:00 / 0:00
JR26 | Mesure du niveau marin par réflectométrie interférométrique GNSS
27 просмотров · 7 дней назад
Shom
585 подписчиков
27 просмотров · 7 дней назад
Le GNSS-IR (Global Navigation Satellite System – Interferometric
Reflectometry) est une technique de télédétection opportuniste qui exploite
les interférences entre les signaux GNSS directs et ceux réfléchis par la
surface environnante de l’antenne réceptrice (ici, la surface océanique), afin
d’estimer des paramètres tels que le niveau de la mer, l’état de surface ou la
dynamique des vagues. En GNSS, ces signaux réfléchis sont connus sous le
nom de trajet multiple et sont considérés comme une source d’erreur car ils
perturbent le positionnement. Cependant, à partir des années 2000, plusieurs
travaux pionniers, notamment ceux de Larson et al. (2013) ont démontré le
potentiel du GNSS côtier pour le suivi du niveau marin et de l’état de mer. En
effet, les signaux réfléchis qui se “mélangent” par interférence aux signaux
directs induisent des variations du signal-à-bruit (SNR, Signal-to-Noise Ratio)
en fonction des propriétés de la surface réfléchissante : les oscillations dans
le SNR renseignent sur la hauteur de la surface réfléchissante, tandis que
l’atténuation de ses oscillations porte l’empreinte de la rugosité de cette
surface.
Deux grandes méthodes permettent l’estimation de la hauteur de la
surface réfléchissante pour le suivi du niveau marin : l’analyse spectrale par
détermination de la fréquence dominante significative des oscillations du
SRN d’une part, et la modélisation analytique inverse du SNR d’autre part.
La méthode spectrale est la plus utilisée et documentée avec un outil ouvert
pour l’analyse GNSS-IR (GNSSREFL, Larson et al. 2013), tandis que la méthode
inverse, qui permet une exploitation exhaustive du SNR, demeure encore
peu documentée (Nievinski & Larson, 2014 ; Strandberg et al., 2016 ; Pira et
al., 2025).
La présente étude vise à évaluer la méthode spectrale au moyen de l’outil
GNSSREFL en utilisant des données issues des constellations GNSS (GPS,
GLONASS et GALILEO), avec application sur quelques cas de sites de
marégraphe en France. Nous analysons la performance et les limites de
la méthode, tout en évaluant les ordres de grandeur des écarts observés
avec les données des marégraphes de référence (Brest, Saint-Jean-de-Luz,
Marseille). Nous avons noté des différences moyennes (médianes) de l’ordre
de -3 à 10 cm (-3 à 5 cm) avec des écarts-types de 10-30 cm. Des différences
quadratiques moyennes (RMSD) de 10-30 cm sont observées, avec une forte
sensibilité à l’état de mer, notamment sur le site de marégraphe de Marseille.
Ces observations justifient l’intérêt de documenter davantage la méthode
inverse pour une exploitation exhaustive des données SNR des antennes
GNSS densément présentes en régions côtières.
Par Odilon J. Houndegnonto (ENSTA), Pierre Bosser (ENSTA), Gaël André (Shom), Clémence Chupin (ENSTA), Ronan Autret (Shom)