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Où vont les eaux usées de Paris ? L'histoire des champs d'épandage

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Où vont les eaux usées de Paris ? L'histoire des champs d'épandage

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Où vont les eaux usées de Paris ? Aujourd'hui, elles sont traitées à Achères, à la station d'épuration Seine Aval, qui assainit environ un million cinq cent mille mètres cubes par jour — de quoi couvrir ce que rejettent près de six millions d'habitants. Mais pendant près d'un siècle, le traitement des eaux usées de la capitale a reposé sur un tout autre système : les champs d'épandage. Le principe tient en une idée qui paraît absurde aujourd'hui : plutôt que de se débarrasser de l'eau sale, on s'en sert. On la fait couler sur un sol sableux, le sol retient les matières, les bactéries les dégradent, l'eau qui ressort au bout du champ est presque claire — et ce qui reste fait office d'engrais. Un cycle de l'eau refermé à l'échelle industrielle, à vingt kilomètres de Notre-Dame. En 1869, la Ville achète six hectares à Asnières pour essayer ; vingt ans plus tard, elle en exploite près de huit cents. La loi du 10 juillet 1894 rend le tout-à-l'égout obligatoire et oblige la Ville à épandre la totalité de ses eaux usées sur des champs cultivés, en cinq ans. Un décret du 11 avril 1896 lui ouvre les plaines de Méry-sur-Oise et de Pierrelaye. Vers 1910, l'assainissement de Paris mobilise plus de cinq mille hectares, et dans les années 1950 jusqu'à sept mille personnes y travaillent selon les saisons. On y cultive des poireaux, des choux, des salades — et des roses. Après la guerre, Paris se met même à vendre ses eaux d'égout aux cultivateurs. Puis les métaux ont tout arrêté. L'industrie et les ménages déversent du plomb, du zinc et du cadmium que le sol retient, année après année. Le 31 mars 2000, un arrêté préfectoral interdit toute culture destinée à l'alimentation humaine sur ces terres. Aujourd'hui, on y plante un million d'arbres : une forêt de mille trois cent cinquante hectares, dont les essences ont été choisies pour ne pas remobiliser les métaux. Cette forêt n'est pas un ornement, c'est un couvercle. Les photographies aériennes de l'IGN montrent les deux états du lieu : les lanières irriguées des années 1950, et la plaine d'aujourd'hui. ▸ Comparez votre propre ville, de 1950 à aujourd'hui : https://www.skywayback.com/?utm_sourc... CHAPITRES 0:00 Où vont les eaux usées de Paris ? 0:52 L'assainissement de Paris au 19e siècle 1:30 L'invention des champs d'épandage 2:32 La loi de 1894 et le tout-à-l'égout 3:30 Cinq mille hectares et sept mille travailleurs 4:35 Achères, la station d'épuration qui devait les remplacer 5:29 Ce qui a tué les champs d'épandage 6:38 Plomb, zinc, cadmium : l'addition 7:43 Un million d'arbres comme couvercle 8:57 Comparez votre propre ville SOURCES Imagerie : © IGN — Géoplateforme (BD ORTHO, ORTHO Historique 1950-1965, carte d'état-major), Licence Ouverte Etalab 2.0. Recherche : Étienne Dufour, « La persistance des champs d'épandage d'eaux usées de l'agglomération parisienne au cours du second XXe siècle », Métropolitiques — https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/du... Projet de forêt : SMAPP, Syndicat mixte d'aménagement de la plaine de Pierrelaye-Bessancourt — https://smapp-foret.fr/le-projet/hist... Suivi sanitaire : ARS Île-de-France, « Les plaines d'épandage : contrôle et suivi sanitaire ». Station d'épuration Seine Aval : SIAAP. Photographies : Wikimedia Commons (domaine public, CC0, Licence Ouverte) — liste complète dans CREDITS-epandage.txt. #eauxusees #assainissement #stationdepuration #Pierrelaye #ValdOise #Paris #cycledeleau #histoire #avantapres #vuduciel #IGN