Les batteries flottantes de Gibraltar : le blindage, 70 ans trop tôt
Archives de la Marine
0:00 / 0:00
Les batteries flottantes de Gibraltar : le blindage, 70 ans trop tôt
65 просмотров · 5 дней назад
Archives de la Marine
19 подписчиков
65 просмотров · 5 дней назад
⚓ Le 13 septembre 1782, dix bâtiments s’approchent du rocher de Gibraltar, remorqués par des chaloupes. Ils n’ont presque pas de mâture. Un seul de leurs flancs est armé, et ce flanc est couvert d’un blindage de plusieurs épaisseurs de chêne, de sacs de laine mouillée et de peaux de bœuf. À l’intérieur, un réseau de pompes et de conduites doit arroser tout point qui viendrait à chauffer. Leur concepteur les annonce insubmersibles et incombustibles. Le lendemain matin, il n’en reste rien.
Dans cette vidéo, nous démontons les batteries flottantes de d’Arçon. Le problème d’abord : Gibraltar est imprenable par terre comme par mer, et la règle constante de l’âge de la voile veut qu’un vaisseau ne batte jamais un fort — il flotte, il roule, il dérive, il brûle et il coule, quand le fort ne fait rien de tout cela. La réponse d’un ingénieur du génie, et non d’un constructeur de navires : ne pas construire un navire, mais un ouvrage fortifié flottant, blindé sur une seule face puisqu’il restera immobile.
Nous détaillons le blindage — plusieurs épaisseurs de chêne, de la laine humide, des peaux tenues mouillées, une face inclinée pour faire riper les boulets — et surtout la partie la plus moderne du projet : un véritable système de refroidissement embarqué, avec cisternes, pompes à bras et conduites courant derrière le blindage, destiné à noyer en quelques instants tout boulet rouge qui s’y logerait. Puis nous regardons l’écart entre le projet et l’objet livré, la journée du 13 septembre, et nous décomposons l’échec en trois niveaux : le concept, l’exécution et la tactique. Enfin, nous montrons pourquoi cette idée était juste : soixante-dix ans plus tard, les mêmes batteries flottantes, cuirassées de fer cette fois, ont tenu.
⏱ Sommaire
00:00 Gibraltar, 13 septembre 1782
00:50 Le problème de Gibraltar
02:05 Pourquoi un vaisseau ne bat pas un fort
03:18 Le cahier des charges
04:44 Le blindage
06:16 Le système d’eau
07:38 Ce qui a été réellement construit
08:55 La journée du treize septembre
10:23 Pourquoi cela a échoué
12:12 Sources
📜 Ce que l’on sait et ce qui est reconstitué La conception, les matériaux, le déroulement de la journée et les suites judiciaires proviennent des relevés d’archives, des mémoires de l’ingénieur lui-même et des relations anglaises et espagnoles du siège. Les sources divergent sur le détail exact de ce qui a été réellement construit, puisque l’ingénieur soutient que son projet a été dénaturé ; nous présentons les deux versions. Les images sont des reconstitutions : les ambiances de chantier, l’intérieur des batteries et les manœuvres de lutte contre le feu ont été recomposés et n’ont pas valeur de document.
📚 Sources • Le Michaud d’Arçon, Histoire du siège de Gibraltar, 1783 • Mémoire justificatif du même auteur sur la journée du 13 septembre 1782 • Relations anglaises et espagnoles du siège de Gibraltar • Rémi Monaque, Une histoire de la marine de guerre française • Musée national de la Marine ; Service historique de la Défense
🎬 Archives de la Marine — l’ingénierie de l’âge de la voile.
⚓ Dites en commentaire quel bâtiment vous voulez nous voir démonter la prochaine fois.
#gibraltar1782 #batteriesflottantes #blindage #marineroyale #archivesdelamarine