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La flûte : le seul navire du roi conçu pour ne jamais se battre

Archives de la Marine

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La flûte : le seul navire du roi conçu pour ne jamais se battre

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⚓ Le 8 juin 1755, au large de Terre-Neuve, la Royal Navy attaque deux navires français alors que les deux pays sont officiellement en paix. L’un d’eux, le Lys, est sur le papier un vaisseau de 64 canons. En réalité il n’en porte qu’une vingtaine : le reste de son artillerie a été débarqué à Brest pour faire place aux soldats, aux vivres, aux munitions et aux caisses du roi. Il est pris en quelques heures, à peu près sans résistance possible. Et ce navire-là n’est pas une anomalie : c’est celui dont dépend toute la flotte. Dans cette vidéo, nous démontons la flûte. Le mot désigne deux choses : un type de navire de charge né aux Provinces-Unies à la fin du XVIe siècle, et un vaisseau de guerre « armé en flûte », c’est-à-dire vidé de son artillerie pour servir de transport. Nous regardons ce que devient une coque quand on la libère du combat — carène pleine, fonds plats, avant et arrière ronds, cinq ou six nœuds, une douzaine d’hommes pour quatre cents tonneaux — et pourquoi chaque détail de ce navire a été tracé contre une dépense. Puis nous ouvrons la cale, et c’est là que tout se joue. La France a des chênes, mais elle n’a ni mâts, ni chanvre, ni goudron, ni fer. Tout cela vient de la Baltique : les mâts de Riga, le chanvre de Russie par Saint-Pétersbourg, le goudron et le fer de Suède. Et la Baltique se ferme par un seul passage, le Sund. Nous suivons un mât depuis la forêt du Nord jusqu’à l’arsenal — deux cents ans de croissance, l’inspection à Riga et sa marque aux deux clés croisées, le chargement par un sabord pratiqué à l’arrière du navire, et la conservation dans l’eau saumâtre pendant des années. Nous finissons par le prix de cette économie : un navire qui ne peut pas se défendre, des convois devenus une institution permanente, et des traversées qui vidaient les régiments coloniaux plus sûrement que les batailles. ⏱ Sommaire 00:00 Terre-Neuve, 1755 00:00 Le navire que personne ne peint 00:00 La forme d’un navire sans combat 00:00 Ce qu’elle transporte 00:00 Le mât 00:00 Armé en flûte 00:00 Le prix de cette économie 00:00 Sources 📜 Ce que l’on sait et ce qui est reconstitué Les définitions d’époque, les cargaisons, les expéditions baltiques, les dates et les chiffres cités proviennent des relevés d’archives, des registres du péage du Sund et de la littérature spécialisée. L’explication de la forme étroite du pont par la fiscalité danoise est une thèse ancienne, aujourd’hui discutée, et elle est présentée comme telle dans la vidéo. Les images sont des reconstitutions : les ambiances, les gestes d’équipage, l’intérieur des cales et les scènes de port du Nord ont été recomposés et n’ont pas valeur de document. 📚 Sources • Jean Boudriot, Le navire marchand. Étude historique, Ancien régime • Rémi Monaque, Une histoire de la marine de guerre française • Travaux universitaires sur la marine française et la Baltique au XVIIIe siècle • Registres du péage du Sund, tenus par la couronne de Danemark • Musée national de la Marine ; Service historique de la Défense 🎬 Archives de la Marine — l’ingénierie de l’âge de la voile. ⚓ Dites en commentaire quel bâtiment vous voulez nous voir démonter dans le prochain épisode. #flute #logistiquenavale #baltique #marineroyale #archivesdelamarine